UNE SEMAINE A TRAVERS LE PAYS DE GALLES

Le dragon, emblème du Pays de Galles

Le dragon, emblème du Pays de Galles


La traversée de la Manche
L’opportunité de visiter des amis habitant l’île Anglesey nous a donné l’idée d’un voyage utilisant exclusivement notre voiture comme moyen de transport, de logement et de repas (via le camping). Pour cela, il nous faut faire la traversée de la Manche par ferry, par la compagnie Britanny Ferries entre Cherbourg et Poole. La réservation est facile sur internet. L’approche du port est très bien signalée et le séjour très confortable même sans prendre de cabine. Les vues de la côte sont magnifiques. Le bateau engloutit camions, caravanes et voitures. Celles-ci sont stockées dans d’immenses « plateformes-magasins » qui montent ou descendent dans les entrailles du navire. Beaucoup de Britanniques et très peu de Français. La traversée dure 4h15. Le premier camping : Birchwood Park, près de Wareham, est une ville immense de grosses caravanes et de voitures de luxe, couvrant plus de 15 ha. Tout est calme car chacun est dans sa caravane. Il nous sert de point d’arrivée et de départ pour le ferry.
Le départ de Cherbourg

Le départ de Cherbourg

La route
Notre trajet consiste en un aller-retour Poole-Beaumaris située à l’île Anglesey au nord du Pays de Galles (au niveau de Liverpool). 2 jours pour l’aller, 3 jours de séjour chez les amis et 3 jours pour le retour vers Poole. Muni de la carte « Angleterre ouest et Pays de Galles », nous nous repérons facilement en utilisant les numéros des voies principales ou les directions les villes pour les voies secondaires. Petite appréhension pour la conduite à gauche, mais dans le flot de circulation, pas de problème. Il faut surtout rester concentré lorsqu’on sort d’un parking, d’une station d’essence. Les routes sont assez étroites sans bas-côté et encombrées au sud Angleterre. Ne pas oublier de réviser les unités de longueur car tout est indiqué en miles (1,6 km) ou en yards (0,9 m). Nous montons par la route A 350 jalonnée de villes très dynamiques : Blandford, Warminster, etc. Après avoir atteint l’autoroute M4 et franchi le fond de la baie de Cardiff par le pont du Prince de Galles, nous nous retrouvons la ville Abergavenny, ville très vivante et point d’entrée du Pays de Galles. La route nord-sud A470 est notre fil conducteur.

Carte du Pays de Galles

Carte du Pays de Galles

Les Black Mountains
Première nuit dans les Black Mountains. Après avoir visité la ville de Hay-on-Wye, ville aux 30 librairies et aux nombreuses boutiques, nous trouvons enfin le camping « Newcourt Farm ». Un couple de personnes âgées nous accueille de bon coeur dans leur caravane à l’entrée de leur champ. Nous avons même l’électricité et la vue est magique. L’herbe verte et grasse indique que la sécheresse n’a pas eu lieu ici.

Hay-on-Wye, ville des bouquinistes

Hay-on-Wye, ville des bouquinistes


Le nord du Pays de Galles

Le nord du Pays de Galles

Les montagnes Snowdonia
Nous montons plein nord en suivant la vallée de la Wye, rivière calme qui se transforme en torrent lorsqu’on remonte vers la source : villes de Buith Wells Rhayader, Llanidloes. A Dalgellau, arrêt pique-nique et café dans un pub tenu par…un Angevin né à Belle-Beille. Le monde est bien petit ! Nous attaquons ensuite les pentes de Snowdon Mountains (point culminant 1050 m). Nous montons au château de Dolwyddelan érigé au 13ème siècle. Vue exceptionnelle qui embrasse toute la suite de la vallée. Moutons et murets en pierres à perte de vue. Nous atteignons le col. Impression de haute montagne alors qu’on est à 500 m d’altitude. Vallée bien encaissée jalonnée de chutes, torrents et lacs, et entourée de sommets. Passage par la ville de Betws-y-Coed, point de départ de randonnées. Très belle portion vers Capel Curig avec un très beau lac. Il ne nous reste qu’à rallier Bangor et traverser le bras de mer du Menai pour arriver à Beaumaris, but du voyage.

Le château de Dolwyddelan

Le château de Dolwyddelan


Vue depuis le même château sur les montagnes Snowdonia

Vue depuis le même château sur les montagnes Snowdonia

L’île Anglesey
Outre les retrouvailles pleines d’émotion, nous découvrons l’environnement de la pointe est de l’île Anglesey avec de nombreuses vues sur la mer et sur les montagnes Snowdon en toile de fond. Ils habitent un cottage des années 1920 empli de vieux meubles, de livres, de tapis et coussins, donnant sur un jardin luxuriant. Nous passons deux jours à découvrir le paysage à pied : damiers de prairies vert tendre dessinés par les murets de pierres, panoramas, plages, sites archéologiques, villages aux maisons simples de pierres. La ville de Beaumaris longe la mer et possède beaucoup de charme avec ses façades couleur pastel et ses petites places entourées de boutiques. Son château, construit par Edouard I en 1298, est composé de deux enceintes de défense renforcées par des douves emplies d’eau. Les navires pouvaient y accéder grâce à un chenal.

Le Menai Bridge, un des deux ponts d'accès à l'île Anglesey

Le Menai Bridge, un des deux ponts d’accès à l’île Anglesey


Le château de Beaumaris, île Anglesey

Le château de Beaumaris, île Anglesey


Vue sur la pointe et Puffins island à l'est de l'île

Vue sur la pointe et Puffins island à l’est de l’île


Vue sur la mer et les montagnes Snowdonia

Vue sur la mer et les montagnes Snowdonia

Le retour par la montagne
Retour par la côte vers Caernarfon puis replongée vers la montagne par une route différente de l’aller : A 4098 en direction de Pen-y-Gwyrd, hôtel mythique où les grands alpinistes anglais se retrouvaient pour s’entraîner dans le but de conquérir l’Everest. Ils y ont laissé leurs signatures, y compris Hillary, des photos noir et blanc, des chaussures de randonnée, piolets, etc. Le café nous réchauffe car il pleut et nous venons de pique-niquer sous les nuages au milieu de la montagne. Nous repartons à droite par l’A498. Sites alpestres mais à faible altitude. C’est comme si on avait découpé les 1000 mètres les plus hauts des Alpes et qu’on les avait déposés ici. Deux lacs et un super camping à proximité de la ville de Beddgelert, magnifique lieu de séjour et de départ de randonnées. Une vision fugitive : des têtes casquées filent sur la gauche ! Il s’agit de kayakistes qui descendent le torrent.

Une salle de l'hôtel Pen-Y-Gwyrd avec les vieilles chaussures de randonnée des alpinistes anglais

Une salle de l’hôtel Pen-Y-Gwyrd avec les vieilles chaussures de randonnée des alpinistes anglais. Sur le mur, photo de Hillary et Tensing sur l’Everest en 1953


Vallée des montagnes Snowdonia

Vallée des montagnes Snowdonia

La côte
On débouche près de la mer à Porthmadog et on se rend à Portmeirion pour visiter le village baroque et excentrique construit par un Uluberlu. Eglise baroque, grand échiquier, hôtels de luxe et boutique bordent la mer d’Irlande. On descend la côte par l’A496 en passant par le château d’Harlech, pour atteindre Barmouth et son camping « Hendre Mynach » situé près de la mer. Chaleureux accueil et places magnifiques avec vue sur la mer (éviter le bas qui peut être inondé). Promenade du soir sur le « remblai ».

La ville de Portmeirion

La ville de Portmeirion


La vile balnéaire de Barmouth

La vile balnéaire de Barmouth

Le parc Brecon&Becons
Après la visite de la ville de Barmouth, nous retrouvons Dalgellau et la route de l’aller (A 470) pour atteindre la ville de Brecon et surtout le merveilleux camping de Pencelli Castle. Il est parfait : accueil, décoration, emplacements larges, gazon anglais, environnement. Il est situé en bordure du canal de Brecon/Monmooth. Nous le longeons à pied et y rencontrons des péniches anglaises étroites et décorées, des jeunes kayakistes en herbe, des chevaux et randonneurs. Un bien beau site que l’on quitte à regret, même si la tempête a sévi pendant la nuit. Retour avec arrêt à Abergavenny et à nouveau le camping de départ aux portes de Poole. Nous quittons le port le lendemain, entourés de voiliers, pour une nouvelle traversée calme et confortable. Dans le salon, les gens lisent, jouent aux cartes, consultent la tablette, tricotent, etc.

Accueil fleuri du camping de Pencelli, près de Brecon

Accueil fleuri du camping de Pencelli, près de Brecon


Péniche anglaise sur le canal de Brecon/Monmooth

Péniche anglaise sur le canal de Brecon/Monmooth


Le départ de Poole

Le départ de Poole

UNE SEMAINE A NOCITO – SIERRA DE GUARA

La Sierra de Guara est située au nord-est de Huesca à environ 2 heures de la frontière française (Somport ou Portalet). Le massif très sauvage est classé parc naturel et possède de nombreux torrents, ravins, gorges, canyons et vasques où l’on peut se baigner. Le point culminant est le Tozal de Guara : 2078 m.

Le village de Nocito. Au fond le Tozal de Guara

Le village de Nocito. Au fond le Tozal de Guara

Nous avons choisi de visiter la partie située juste au nord de ce point culminant en fixant notre camp de base au camping du village de Nocito (29 hab. en hiver). L’accès est difficile après avoir quitté l’axe N330 peu après Sabinanigo. Il vaut mieux être muni d’une bonne carte pour s’y rendre. Autant dire qu’on n’a pas envie d’emprunter la voiture pendant la durée du séjour.
Le lieu, qui paraît étrange et perdu en arrivant, se laisse apprivoiser peu à peu par les randonneurs. Au bout de quelques jours, il devient familier et charmant. Une très riche expérience et un beau dépaysement !

La route d'accès au village de Nocito

La route d’accès au village de Nocito

Pratique :
Camping : Valle de Nocito
Camino de la Pillera
22193 Nocito _ Huesca – Aragon
Le camping est spacieux et le village comporte 3 hôtels et restaurants en été. Une alimentation permet d’acheter les denrées de première nécessité. Elle est bien achalandée pour les vins, charcuteries et fromages. On y trouve également une carte permettant d’organiser ses randonnées.

Randonnées

Parmi les randonnées variées que l’on peut trouver en partant du village, en voici trois. Elles sont numérotées et surlignées sur la carte jointe. Les temps indiqués correspondent à une marche tranquille de niveau familial ou senior.

Trois randonnées à partir du village

Trois randonnées à partir du village

1- Boucle de San Urbez

2h30 maxi. Facile pour démarrer. Site de San Urbez
Partir face à l’alimentation sur un sentier plein est. On débouche sur la route après une heure. Revenir vers la gauche et monter à San Urbez : église du XII visitable l’après-midi seulement et ensemble de gîtes. Très belle vue sur le Guara. Le silence nous enveloppe. Aucun bruit de moteur. Seulement des voix humaines, d’oiseaux et le bruit du vent dans les feuilles. Devant nous, le Tozal de Guara nous domine, puissant et lumineux.
Retour par le GR 1.

Eglise de San Urbez

Eglise de San Urbez

2- Barranco de la Pillera

3h30. Facile, varié et très joli : parcours en bordure du torrent avec vasques nombreuses.
Descendre le sentier qui démarre juste à la sortie pédestre du camping (portillon). Rejoindre la piste et la continuer jusqu’à l’indication « Barranco de la Pillera ». Prendre à gauche et longer le torrent. On va aller jusqu’à la vasque de « Badina d’Estanonera », piscine d’eau verte et cristalline et très froide. Celle-ci est formée par une cascade qui invite le randonneur (courageux) à se baigner. Durée totale de l’aller : 1h30. Revenir soit par le même chemin, soit en en continuant en boucle dans le sens inverse des aiguilles d’une montre.

Chutes et vasques du torrent de la Pillera

Chutes et vasques du torrent de la Pillera

3- Village abandonné d’Ibirque

5h à 6 h. Dénivelé 350 à 400 m. Eviter en pleine chaleur
Monter la route vers le nord. Prendre un sentier à droite au niveau de l’intersection. Belle vasque peu profonde pour se baigner au bout de 20 mn. Traverser la route et monter vers Ibirque. Beau sentier, paysages variés : rochers, arbres, buis, végétation et vues sur le Tozal de Guarda. On arrive au village au bout de 3 h.
Il est abandonné depuis longtemps et seules des ruines subsistent, couvertes de lierre ou démolies par le temps. On y distingue l’église avec un bout du clocher. C’est émouvant de savoir que des gens y ont vécu, travaillé si loin de tout.
Retour par le GR 16 puis le GR 1. Attention à ne pas se tromper lors des traversées de torrent. Total descente 2h30 environ, dont la dernière partie exposée au soleil. Se munir de beaucoup d’eau.

Les restes de l'église du village d'Ibirque

Les restes de l’église du village d’Ibirque


Paysage lors du retour

Paysage lors du retour

Voici deux autres randonnées en partant du parking faisant face au village de Used (15 mn de Nocito en voiture)

Carte des randonnées 4 et 5

Carte des randonnées 4 et 5

4- Refuge de los Fenales

3h à 3h30 en A/R. Ajouter 45 mn pour la variante retour. Dénivelé : 250 à 300 m
Du parking, monter la piste forestière jusqu’au refuge. Beau site isolé au milieu de prairies, forêts et vue sur le point culminant Tozal de Guara. Il peut accueillir 13 personnes. Une pompe manuelle permet de se ravitailler en eau. (Un sentier permet de monter jusqu’au sommet : + 800m de dénivelé).
Revenir par la même piste. Variante par un sentier à gauche qui descend en direction de Bentué de Nocito et qui reprend sur la droite vers Can de Used.

Le refuge de los Fenales. Au fond le Tozal de Guara

Le refuge de los Fenales. Au fond le Tozal de Guara

5- Traversée Used – Bara

2h15. Dénivelé 150 m en descente. Longueur 7 km. Très beau et facile.
L’idéal est de mettre une voiture au même parking face à Used et une autre à Bara à 6 km.
Monter au village de Used et le dépasser pour trouver le sentier Gr 1 qui part vers la droite en direction de Bara. Le sentier est beau et facile. Alternance de passages en forêt, sur dalles, traversées de torrents. Il longe le Barranco de Cardito avec une belle chute au bout d’une heure 30 environ, avant de rejoindre la route. Le village de Bara, terminus de la route, est installé dans une grande plaine Au sud commence les Gorgas Negras. Eglise romane, maisons typiques en pierres, recouvertes de lauzes. Electrifié depuis 2013 seulement.

L'église de Bara

L’église de Bara

ROUMANIE 2018

NOTRE SEJOUR (3-12 septembre 2018)

Nous sommes émus de nous rendre en Roumanie, pays situé de l’autre côté de notre continent. De plus, le cheminement dans les Carpathes orientales nous rend curieux et même fiévreux de tout découvrir. Le projet de l’agence Via Carpathica nous correspond bien. Plutôt que de parcourir de grandes distances et d’essayer de tout voir, il se cantonne à deux régions : le Maramureş situé au nord-ouest et la Bucovine au nord-est du pays, toutes deux à la frontière de l’Ukraine. Ces deux régions, éloignées des grands centres, sont montagneuses et ont gardé leurs caractères traditionnels, ce qui fait leur charme. Elles sont séparées par quatre heures de route par bus, en passant par le col de Prislop (1416 m).Leur accès se fait par la route (6 heures de mini bus) à partir de Cluj-Napoca, capitale du nord, dotée d’un aéroport (liaisons quotidiennes avec Beauvais en France)

Carte générale de la Roumanie (d'après cartograf.fr)

Carte générale de la Roumanie (d’après cartograf.fr)

L’idée est de randonner en groupe déjà constitué de 10 amis, à travers ces montagnes d’un village à l’autre avec notre guide francophone Mircea. Nos bagages suivent par la route et nous sommes accueillis chaleureusement chez l’habitant chaque soir. Nous pouvons nous imprégner de l’architecture de l’habitat, de l’ambiance des intérieurs, des traditions culinaires à travers le dîner et le petit déjeuner.
La découverte est renouvelée et différente chaque jour, ce qui nous donne une expérience très enrichissante.

Métiers
C’est passionnant de se rendre compte comment les habitants s’organisent pour se loger et se nourrir. Le fait de cheminer à pied à travers les champs, les forêts, de traverser les hameaux, de rencontrer les gens dans leurs activités nous permet d’apprendre chaque jour. Outre les activités des paysans, nous pouvons découvrir celles liées à la vie quotidienne, au hasard de notre passage.

Alambic (à Breb) Le conducteur de l’alambic nous arrête pour nous montrer son travail. Il distille les pommes grâce à un alambic en cuivre. La vapeur se forme par chauffage au bois. La condensation se fait grâce à la citerne d’eau entourant le tuyau. Le propriétaire tient à nous faire goûter le liquide sacré.

Fabrication de l'alcool de prune

Fabrication de l’alcool de prune

Bardeaux de bois A Breb, nous visitons un petit atelier qui fabrique en série les bardeaux de bois servant à couvrir les maisons traditionnelles. Plusieurs phases : sciage des arbres d’épicéa à la longueur, fendage avec une hache spéciale, finition avec établi et plane qui donne la forme géométrique du bout du bardeau.

Finition des bardeaux de bois

Finition des bardeaux de bois

Vannerie (Breb) Un vannier (à l’attitude ambiguë et entreprenante…) nous montre le fendage du noisetier qui servira d’armatures pour ses paniers. Une commande pour le lendemain (payée d’avance) sera passée aux oubliettes par l’artisan de mauvaise foi. Nous n’avons pu récupérer ni le panier ni le remboursement ! Un drôle de zigoto !

Fendage des bois de chataignier

Fendage des bois de chataignier

Charpente (Breb) : Le bois rentre dans la construction des maisons traditionnelles mais aussi des maisons neuves de type chalet. Nous observons deux charpentiers qui montent une maison en bois. Ils assemblent des rondins en traçant et taillant avec précision les clés en queue d’aronde à chaque coin.

Montage de la maison de bois

Montage de la maison de bois

Oeufs peints : Lors d’un après-midi froid et pluvieux, au cœur des hauteurs de Bucovine, nous avons pu observer notre hôte (de minorité slavophone houtsoule) peindre des œufs de cane. Après avoir installé et mis en chauffe le poêle, elle a chauffé ses peintures à base de cire pour les rendre plus liquides. Puis, à l’aide d’un outil très fin trempé dans cette cire de couleur, elle a reproduit les motifs ancestraux, sans modèle. Précision, harmonie des couleurs !

Dépôt de la cire de couleur sur un oeuf

Dépôt de la cire de couleur sur un oeuf

Gastronomie
Petits déjeuners : Fromage frais, yaourts maison, ratatouilles, porc, œufs, pain, beurre, confitures maison, café, thé, tisanes
Dîners types : Ils sont copieux et animés.
Alcool de pommes ou de prunes, alcool aux myrtilles : ils accompagnent le repas en alternance avec le vin rouge local
Soupe aux légumes et à la viande
Boulettes de viande avec choux, ou choux farcis
Petits gâteaux aux pommes
Alcool à nouveau

MARAMUREŞ

Les paysages
Au nord du pays, cette région fait frontière avec l’Ukraine par la rivière Tisa. Tout en douceur, le paysage de cette région respire l’abondance. Les hauteurs sont habitées de forêts touffues de conifères et de bouleaux où vivent les ours (notre guide nous a montré les restes de leurs poils laissés sur les arbres lorsqu’ils se grattent).

Entre Breb et Desesti

Entre Breb et Desesti


Plus bas, à proximité des villages, le travail millénaire des paysans a modelé des terrasses couvertes de prairies fauchées à la faux par petits morceaux et parsemées de meules de toutes formes. On dirait des personnages qui s’entretiennent entre eux à toute heure du jour. Les champs de maïs, les vergers de pommiers et de pruniers, les jardins de haricots rames, courges, choux, betteraves, tomates, maïs indiquent que les gens vivent d’autosubsistance.
Meules de foin

Meules de foin


Dans les vallées, s’étirent les villages le long des routes. Les maisons à structure bois montrent le savoir-faire des habitants. Les bardages et les toitures sont faits de bardeaux d’épicéa. Les porches monumentaux, tels des arcs de triomphe, et finement sculptés sont à la fois l’expression de la richesse du propriétaire et le symbole de la protection du domaine. Ils représentent des animaux, des végétaux, des motifs géométriques, des cordages, symboles de la fécondité et de la fertilité. Le bois est présent partout dans la vie quotidienne : outils, sculptures, croix des cimetières, vannerie, etc.
porche travaillé et intérieur d'une cour (Breb)

porche travaillé et intérieur d’une cour (Breb)


Les églises en bois
Avec leur clocher fin et élancé de style gothique, elles s’aperçoivent de loin. Les toits très raides de bardeaux d’épicéa laissent s’écouler la pluie et la neige. Elles ont été construites à partir de la fin de 16ème siècle et symbolisent la cohésion de la communauté. Les peintures intérieures éclairent la pénombre de ces églises et témoignent de cette communion entre les habitants et leur religion. Elles ont été peintes par des peintres locaux après la reconstruction des églises détruites par les Tatars à partir de 18ème siècle. De très belles icônes ornent le chœur. On dit en Roumanie : « sage comme une icône ». Elles possèdent trois parties : on entre d’abord dans le pronaos, puis le naos (nef) et enfin, vient le sanctuaire interdit aux fidèles. Ces trois parties se retrouveront dans les monastères peints de Bucovine.
Dans le même village voisinent des églises plus modernes à plusieurs clochers, couvertes de zinc et aux couleurs plus vives.
Eglise en bois de Rogoz

Eglise en bois de Rogoz


La musique
Surprise d’une soirée chez nos hôtes : nous avons le privilège d’avoir le Groupe Toader Sicuţa avec son gendre Vasile et sa petite fille Maria, pour écouter et danser sur les airs traditionnels (voir enregistrement).
Héritage musical original, du fait de l’isolement de la région. Musique vivante et virevoltante ou bien nostalgique (Dorului Dor). Le violon est accompagné d’une guitare à 5 cordes (zongora) qui se joue avec le manche vertical, et d’une chanteuse. Les voix se répondent lorsque le rythme est enlevé. Ces musiciens paysans jouent habituellement pour les noces, mais ils n’hésitent pas à se produire pour un groupe de passage. Ils jouent pour nous toute la soirée ! Ils se déplacent aussi, invités en France pour des festivals de musique folklorique. Pour les danses en rond, les jupes fleuries s’envolent.
Les compositeurs classiques roumains George Unescu (roumain : rhapsodie roumaine) et Constantin Brailoin, ainsi que les hongrois Bela Bartok (danses roumaines) et Zoltàn Kodàly sont venus collecter les musiques des paysans pour s’en inspirer dans leurs oeuvres.

Les étapes et les villages que nous avons découverts
Rogoz, Breb -> Desesti -> Breb, Sighet, Sapantha, Leud -> Botiza, Botiza -> Poienile Izei -> Botiza
Légende : -> étapes pédestres, sinon transfert par la route avec un véhicule

Carte du Maramureş (d'après Michelin)

Carte du Maramureş (d’après Michelin)

Sapantha
Une curiosité : le cimetière « joyeux » ! Créateur Ioan Stan Petras (1909-1977). Foisonnement de croix d’un bleu intense, rehaussées de couleurs éclatantes. Une scène est peinte en bas-relief. Elle résume un trait de la vie passée du défunt et très souvent son métier. Exemples : bouilleur de cru, berger, couturière, professeur, musicien avec son violon, paysan maniant la faux, cueillant des fruits, trayant sa vache, etc. En-dessous, un texte ou un poème complète le tableau : humour et tendresse devant la mort. Ce cimetière attire de nombreux touristes et semble faire la richesse de la petite ville à voir l’excellent état de l’église dont le clocher a été rehaussé et couvert de tuiles vernissées.

Sapantha : le "cimetière joyeux"

Sapantha : le « cimetière joyeux »

BUCOVINE

Le doux pays de hêtraies
Terre de montagnes et de monastères peints, la Bucovine a un relief très accusé avec alternances de forêts et de pâturages. Les fermes sont dispersées en haut ou sur les pentes des collines bucoliques. Elles sont entourées de clôtures et palissades en bois. L’ensemble produit un quadrillage très harmonieux du paysage. Construites de bois également, ces fermes comprennent la maison d’habitation souvent décorée et peinte de vert, de jaune ou d’ocre, l’étable, le poulailler et autres dépendances. Ces bâtiments sont coiffés de toitures à bardeaux ou de tôles. A l’entrée, un gros chien de berger nous attend en aboyant d’une voix grave. Heureusement il est enfermé dans une grande cage surélevée…

Alpages de Bucovine, au-dessus de Moldoviţa<br /><p class=Alpages de Bucovine, au-dessus de Moldoviţa


Autour de la maison, le jardin est planté de courges, maïs, haricots, betteraves, choux et le verger de pommiers et pruniers. Certains fermiers possèdent une petite scierie permettant, à partir des troncs bruts de réaliser des poteaux, poutres et planches pour la vente ou l’auto consommation. La charrette tirée par deux chevaux permet de faire le débardage. Sur une plateforme, une scie à ruban montée sur rails se déplace horizontalement par rapport à la bille fixe.
Ferme de Bucovine

Ferme de Bucovine


Tous ces hameaux sont reliés par des allées non empierrées qui suivent plus ou moins les lignes de niveau mais aussi qui ont des pentes parfois très raides. La pluie les érode et les rend très glissantes et difficiles à emprunter pour les voitures et même les randonneurs…. On y accède en ouvrant des barrières faites de perches horizontales que l’on enlève de leur logement et que l’on remet une fois franchies.
Dans les forêts, nous sommes surpris par l’abondance des champignons ! Giroles et cèpes de Bordeaux s’offrent à nous et c’est avec frénésie que nous cueillons des poches entières. Rapidement, il faut se rendre à la raison et se limiter en volume et trier les sujets de « première classe » d’après l’expression de notre guide. Trompettes de la mort et coulemelles sont aussi au rendez-vous. Nous pourrons les offrir à nos hôtes du soir. En fin d’après-midi, nous rencontrons un acheteur stationné au fond d’un chemin qui achète les champignons des ramasseurs, deux enfants en l’occurrence, qui remontent vers chez eux à travers la forêt, une fois la marchandise écoulée. Sur la route, nous avions aperçu des villages entiers de Roms installés sommairement pour la saison dans des baraques de bois et de tôles. Les champignons sont exportés vers l’Europe de l’ouest et spécialement l’Italie.
Façades décorées en bois peint

Façades décorées en bois peint

La richesse et la tradition du bois
Les forêts de hêtres et d’épicéas sont exploitées pour la construction, pour le chauffage et l’artisanat. Les billes tronçonnées et lissées s’amassent en bordure des chemins carrossables des forêts. Les bonnes billes sont coupées à 4 mètres pour la charpente tandis que les autres sont utilisées pour l’aggloméré.

Exploitation du bois

Exploitation du bois


Pour le chauffage, le bois est coupé à 33 cm de long puis fendu. Rangé proprement le long des étables au-dessous des toits, il orne les façades et pignons des maisons ou étables. Il peut également être amassé sous forme de meules comme le foin et constituer ainsi un décor au milieu des prairies à proximité des fermes.
Rangement du bois de chauffage le long de l'étable

Rangement du bois de chauffage le long de l’étable


Le chauffage au bois est omniprésent. Les poêles sont installés dans chaque grande pièce ou à cheval sur deux pièces. Ils sont souvent en céramique (poêle de masse) et de toutes les formes. Certains ont même un plan de travail, des tiroirs ! Nous avons assisté au montage et au démarrage d’un poêle dans la salle à manger du gîte d’Ehreste de Brodina. Une vitre de la fenêtre a été démontée et remplacée par une tôle permettant le passage du tuyau d’évacuation des fumées. Le rideau de la fenêtre a été écarté et deux tôles ont été posées sommairement sur les murs du coin de la pièce pour les protéger de la chaleur. Nous avons pu y faire sécher nos vêtements, chaussettes et chaussures. Dans ce même gîte, un ballon d’eau chaude (au bois) alimente cette salle de bains et la cuisine adjacente.
Poêles à bois en céramique

Poêles à bois en céramique

Les étapes et les villages que nous avons découverts
Moldaviţa -> Argel, Argel -> Brodina -> Ehreste , Suceviţa, -> Humor, Voronet,
Légende : ->étapes pédestres, sinon transfert par la route avec un véhicule

Carte de Bucovine (d'après Michelin)

Carte de Bucovine (d’après Michelin)

Les monastères peints
Suite aux invasions turques en Bulgarie et Serbie, les ecclésiastiques orthodoxes se réfugièrent dans les Carpathes. Ses monastères fortifiés protégeaient les villageois et les soldats lors des attaques. Ils se caractérisent par des fresques peintes à l’intérieur comme à l’extérieur.
Ils ont été construits il y a 5 siècles par Etienne le Grand (1457-1504) et ses successeurs suite à leur victoire sur les Ottomans. Petru Rareş, son fils, règne de 1527 à 1538 puis de 1541 à 1546. L’art byzantin s’allie avec la renaissance italienne, avec des fresques intérieures et extérieures peintes au XVIème siècle par des peintres autochtones confirmés. Elles représentent des scènes de la Bible, de l’histoire mais aussi du folklore. La voûte moldave est une coupole surmontant la nef qui s’appuie sur des voûtes semi-circulaires. Le dépassement important des toits a permis de réaliser et de conserver les fresques extérieures. Celles-ci éduquaient le peuple qui refusait d’entrer dans les églises ou ne comprenaient pas la liturgie BD…). Ces monastères sont entourés de fortifications de forme rectangulaire dans lesquelles existent des appartements pour les moines. Huit d’entre eux sont inscrits sur la liste des monuments de l’UNESCO.
Moldoviţa
Il a été construit en 1532 par le prince Petru Rareş. Nous sommes étonnés par le bon état de conservation de l’ensemble. Nous bénéficions d’une visite de 1h30, guidée avec autorité et au pas de charge par sœur Tatiana. Elle nous éclaire sur toutes les fresques qui sont un véritable livre d’histoire. Nous nous y perdons un peu devant tant d’érudition mais nous retiendrons que « chaque matin est un renouveau, une naissance, un printemps ».

Le monastère de Moldoviţa

Le monastère de Moldoviţa


La prise de Constantinoble, célèbre fresque de Moldoviţa

La prise de Constantinoble, célèbre fresque de Moldoviţa


Suceviţa
C’est la dernière des églises peintes, construite entre 1582 et 1584. Elle est entourée d’un parc et de fortifications datant du XVIème siècle. La couleur dominante est le vert marin profond (malachite).
Les fresques ont été commandées par Ghorghe Movila en 1595 et réalisées par les frères Ion et Sofronie
Le monastère de Suceviţa

Le monastère de Suceviţa


L'échelle des vertus. Les moines essaient de monter les 32 barreaux de la terre vers le ciel

L’échelle des vertus. Les moines essaient de monter les 32 barreaux de la terre vers le ciel


Humor
Il a été fondé en 1530 par Toader Bubuiog, cousin de Petru Rares.
Les peintures datent de 1535 sont de Toma de Suceava. Dominante : rouge, ocre, rose, bleu et orange
Monastère d'Humor : la glorification de Marie

Monastère d’Humor : la glorification de Marie


Voronet
Construit en 1488 par Etienne le Grand
Les fresques datent de 1540. Dominante : azur (bleu de Voronet)
Monastère de Voronet : le Christ Pantocrator et le jugement dernier

Monastère de Voronet : le Christ Pantocrator et le jugement dernier

PORTUGAL 2017

Nos motivations

Après de multiples préparations et mises à jour du jardin pour qu’il soit démarré (tomates, poivrons, aubergines plantées) et impeccable nous voilà partis comme d’habitude… Quoique pour nous, il n’y ait pas d’habitude dans le voyage. Il est toujours renouvelé car nous sommes portés par la curiosité de la découverte. Nous partons à chaque fois excités comme des enfants, en dormant peu la nuit qui précède ! La voiture est prête et le matériel de camping et les provisions soigneusement rangés.

Cette fois-ci, nous avons mis le cap sur un pays européen mais non voisin. Nous n’y avons jamais mis les pieds et ne connaissons pas la langue. Nous n’avons particulièrement de fil conducteur mais savons que les habitants y sont accueillants. Géographiquement, le pays est très varié, alternant montagnes, plaines, côte avec deux fleuves prestigieux que sont le Douro et le Tage. Son histoire est très riche avec l’apogée au moment des grandes découvertes fin 15ème, début 16ème siècle. Nous nous sommes posés la question de l’influence arabe au Portugal en comparaison celle de l’Espagne. Un documentaire sur la découverte du site archéologique de la vallée de Foz Côa nous avait également motivé pour ce voyage. Le fil conducteur que nous cherchons se révélera au cours du voyage…

Départ et transit (21 et 22 mai)

Nous avons décidé d’avoir un transit le plus rapide possible en Espagne, pour ne pas tout mélanger.
Après un départ tranquille, stop d’une nuit à Pons, ville féodale du Sud Ouest. Le lendemain, en Espagne, nous quittons l’autoroute à midi pour pique-niquer sur la plage de Gerata, vieille ville balnéaire aux restaurants de poissons, avec ports de pêche et de plaisance. Le temps y est légèrement brumeux mais certains se baignent déjà. Le soir, nous faisons la pause dans la jolie ville de Tordesillas. Le camping très bien aménagé est en contrebas de la ville et est envahi par les seniors qui occupent presque tous les espaces avec leurs grandes caravanes ou leurs camping-cars. Nous sommes déjà au bord du fleuve Douro que nous retrouverons plus tard coulant au milieu d’autres paysages. Un très beau pont l’enjambe et nous conduit à la vieille ville que nous découvrons le soir après le dîner. Nombreux clochers, centre animé, cigognes, belle terrasse avec vue sur le fleuve. Les gens discutent avant la tombée de la nuit. Il fait 26 °.
L’ambiance
vacances
commence.

Première rencontre avec le fleuve Douro à Tordesillas (Espagne)

Première rencontre avec le fleuve Douro à Tordesillas (Espagne)

Entrée au Portugal – Villes des montagnes de l’est (23 – 25 mai)

Après Salamanque, Nous entrons au Portugal par l’autoroute A 25 (péage spécial) et passons Guarda pour obliquer plein vers le sud (autoroute A23).
A midi, nous nous arrêtons à Castelo Branco avec notre pique-nique dans le sac. Nous visitons le « jardin do paco episcopal« . Datant du 18ème siècle, il a été rénové en 2003. Il comprend des parterres bordés de haies de buis, des statues de l’histoire portugaise, des pots de géraniums, des azulejos bleus. Il fait chaud, nous cherchons l’ombre.

Jardin du palais épiscopal à Castelo Branco

Jardin du palais épiscopal à Castelo Branco

Nous descendons encore vers le sud et croisons notre deuxième fleuve : le Tage au barrage de Fratel.

Première rencontre avec le Tage à Fratel près de la frontière espagnole

Première rencontre avec le Tage à Fratel près de la frontière espagnole

Nous poursuivons vers Castelo de Vide. Nous nous arrêtons prendre de l’eau à la fontaine à l’entrée de la ville qui nous attire par le déploiement de ses maisons sur la montagne d’en face. Nous descendons, attirés par les jardins abondants de vigne, cerises, figuiers, pêchers, oliviers, pommes de terre, tomates et salades. Des personnes âgées ou expérimentées prennent soin de leur oeuvre annuelle et éphémère. Nous visiterons la ville deux jours plus tard. Les maisons blanches sont décorées par des bordures jaunes des ouvertures et par les fleurs débordant des pots. Au sommet, le château domine la ville et livre de belles vues depuis la tour du donjon. Après avoir passé devant la synagogue (fermée), nous nous ravitaillons en eau à la « Fonte de la Villa ». Les eaux sont réputées pour la bonne santé et de nombreuses personnes remplissent leurs bidons de 5 litres.
Notre but est d’atteindre le camping Asseisseiras, située sur la commune de San Antonio das Areiras, en contrebas de la ville de Marvâo.
Petit lieu intime tenu par un Anglais, nous sommes en pleine campagne au milieu des oliviers. Il y a piscine et wifi. Les oiseaux mêlent leurs chants printaniers aux sons des cloches des moutons paissant près des enclos. Il fait très chaud. Le rêve ! Dans la soirée, on entend merles, rossignols, loriots, moineaux, pinsons, mésanges bleues, chardonnerets et chouettes à la tombée de la nuit, avec les grillons en toile de fond. Je pourrai enregistrer le soir et le lendemain matin (entre 5h30 et 6h30) : rossignols, loriots, serins cini, principalement. Le paysage sonore m’appartient à cette heure.

La ville fortifiée de Marvâo

La ville fortifiée de Marvâo

Nous partons à pied avec pique-nique pour Marvâo. 6 km et 400 m de dénivelé. Il fait chaud et le chemin est mal balisé. Nous traversons les champs d’oliviers, chênes liège, des jardins irrigués. Cerisiers, figuiers et pêchers abondent. Les chemins sont bordés de murs en pierres sèches. A quelques centaines de mètres de la montée, nous empruntons une voie pavée du Moyen Age avec dallages posés savamment en forme d’étoile dans les virages en épingle à cheveux et suivant des parallèles dans les parties droites avec pente pour faciliter l’écoulement des eaux. C’est un patrimoine inattendu. Enfin la ville de Marvâo, perchée à 995 m d’altitude sur un piton rocheux avec des fortifications qui la rendait imprenable. Le village est suspendu, comme isolé du monde. Il date du IXème siècle et a été construit par Ibn Marwan pour se protéger de l’émirat de Cordoue. Les Chrétiens l’ont reconquise au XIIème siècle et ont poursuivi les fortifications. Les ruelles bordées de maisons blanches et d’églises conduisent au château que nous visitons en détail. Vues à 360° sur la vallée environnante. Nous pique-niquons dans le jardin (à la française) où des employés taillent les haies de buis. Sieste sur les bancs inoccupés puis café sur une terrasse avec vue sur la ville. Nous faisons le plein d’eau pour la descente qui promet d’être chaude. Après courses au village, nous nous précipitons dans la piscine avec douche chaude. Quel bonheur !
Un orage monte mais il nous laissera juste le temps de dîner et de nous prélasser avant la tombée de la nuit. L’eau peut tomber, nous sommes bien au sec dans notre « nain bus ».

Marvâo. Vue du chateau

Marvâo. Vue du chateau


Marvâo. Maisons blanches

Marvâo. Maisons blanches

MADRID – TOLEDE – SEGOVIE (13-20 septembre 2016)

Art occidental et civilisation Al Andalus (suite)

Ce voyage est le point d’orgue des deux voyages précédents : l’Italie à travers l’histoire de l’art occidental et l’Andalousie à la recherche de la civilisation d’Al Andalus.

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Dans notre petit hameau, nous ne nous ennuyons jamais car les activités liées à nos projets sont nombreuses : lien avec la nature, embellissement de l’environnement, jardin potager, responsabilités associatives et familiales quelquefois. Cependant, nous savons que le monde est vaste et nous avons besoin de nous ressourcer de temps en temps en découvrant d’autres horizons, à condition qu’ils nous parlent par leur beauté et leur richesse.

Dans ce pays d’histoire qu’est l’Espagne, nous avons été frappés par le génie des hommes, quelles que soient les cultures, depuis les Romains jusqu’à nos jours. Face aux monuments, nous sommes sensibles au surgissement du passé qui s’incarne dans les pierres. C’est aussi notre histoire qui est là bien présente devant nous. L’émotion ressentie par la beauté des oeuvres d’art nous élève dans notre quotidien. Nous en revenons alors plus motivés dans nos projets avec l’envie d’entreprendre.

En huit jours, nous avons pris le temps de découvrir quelques facettes de trois villes riches d’histoire : Madrid, Tolède et Ségovie, ces deux dernières étant à une demi-heure de train de la capitale.

Tolède :
historique, merveilleuse, strates des cultures : romaine, wisigothique (musée-église San Roman), arabe (mosquée de la Luz), juive (synagogues Del Transito et Santa Maria la Blanca) et chrétienne (cathédrale monumentale et églises romanes). Ville perchée entourée par le Tage, portes de la ville, maisons et palais, etc.

Le Tage, l'Alcazar et  et les fortifications côté est

Le Tage, l’Alcazar et et les fortifications côté est


Puerta del sol

Puerta del sol


Eglise wisigothe San roman

Eglise wisigothe San roman


Mosquée (détail)

Mosquée de la Luz (détail)


jardins de la mosquée

jardins de la mosquée


synagogue del transito (de la Luz)

synagogue del transito


synagogue Santa Maria la Blanca

synagogue Santa Maria la Blanca


calle commercio

calle commercio


Raphael, la Vierge et l'enfant - cathédrale de Tolède

Raphael, la Vierge et l’enfant – cathédrale de Tolède

Madrid :
capitale, riche, cosmopolite, jeune, animée, musées d’art de Madrid : Prado, Reina Sofia et Thyssen-Bornemisza, quartiers, cathédrale, alcazar, rues et places animées

Plaza Mayor

Plaza Mayor


Prado : El Greco, Fabula

Prado : El Greco, Fabula 1600


Prado : Velazquez, Cristo crucificado 1630-35

Prado : Velazquez, Cristo crucificado 1630-35


Prado : Murillo, Sagrada Familia 1650

Prado : Murillo, Sagrada Familia 1650


Prado : Zurbaran, Bodegon con cuatro vasijas 1658-64

Prado : Zurbaran, Bodegon con cuatro vasijas 1658-64


Prado : Goya, La maja desnuda (1797), vestida ( 1805)

Prado : Goya, La maja desnuda (1797), vestida ( 1805)


Prado : Sorolla, Ninos en la playa 1910

Prado : Sorolla, Ninos en la playa 1910


Cathédrale de Santa Maria de La Almudena

Cathédrale de Santa Maria de La Almudena


Musée Thyssen-Bornemisza : Ghirlandaio, portrait de Giovanna 1490

Musée Thyssen-Bornemisza : Ghitlandaio, portrait de Giovanna 1490


Musée Thyssen-Bornemisza : Gauguin, Mata Mua 1892

Musée Thyssen-Bornemisza : Gauguin, Mata Mua 1892


Musée Thyssen-Bornemisza  : Matisse, canal du midi 1898

Musée Thyssen-Bornemisza : Matisse, canal du midi 1898


Musée Thyssen-Bornemisza : Beckmann, Quappi 1934

Musée Thyssen-Bornemisza : Beckmann, Quappi 1934


Musée Thyssen-Bornemisza : Picasso, torero 1934

Musée Thyssen-Bornemisza : Picasso, torero 1934

Ségovie :
surprenante et accessible, situation exceptionnelle sur un éperon rocheux avec aqueduc romain monumental qui acheminait l’eau à travers toute la ville, cathédrale gothique, alcazar au bord du gouffre.

L'acqueduc romain

L’acqueduc romain


cathédrale

cathédrale

MON POTAGER AU FIL DE LA SAISON

Fin mars : préparation de la terre

La terre a été recouverte à l’automne avec du compost, de la paille, de la tonte d’herbe, des feuilles et même du carton, permettant aux vers de se développer et d’aérer le sol pendant l’hiver et évitant aux herbes de pousser.
Dès que les conditions le permettent, il est possible de l’aérer à la grelinette ou de la retourner à la fourche bêche ou au motoculteur.

fourche à bêcher et grelinette

fourche à bêcher et grelinette

20 mars – début avril : premiers semis et plantations

A la sortie de l’hiver, le plaisir de jardiner nous reprend en même temps que l’arrivée des bourgeons et des premières fleurs, comme si une sève du jardinier se mettait à monter en même temps que celle des plantes !
A cette période, il s’agit de jardiner en petites quantités pour avoir quelques récoltes au plus tôt. On peut utiliser tous mes systèmes pour protéger ou forcer les plants : châssis couvert (radis, salades, semis divers), voile de croissance qui laisse passer l’eau et l’air mais accélère la germination et protège des gelées blanches fatales (pommes de terre, oignons, carottes, salades), tunnel avec voile de forçage imperméable (haricots, pommes de terre. Il faudra arroser de temps en temps)

Outils de base : la serfouette pour ouvrir les rangs, le croc, les griffes, la pelle pour casser les mottes.

Matérialisation des rangs : utiliser des tiges de bois issu des tailles des arbres et arbustes

Utiliser le calendrier lunaire pour semer ou planter aux périodes favorables, suivant le type de légumes : racines, feuilles, fleurs et fruits.

outils pour plantation et semis

outils pour plantation et semis

- petits pois : J’ouvre 2 rangs peu profonds espacés de 15 cm. Je sème 3 à 4 graines espacés de 15 cm. Je recouvre de terre et tasse légèrement puis arrose. Un voile de croissance posé à même le sol et fixé par des briques permet une protection efficaces contre les oiseaux et accélère la germination. Lorsque les plantes ont 5 cm de haut, je les tuteurerai avec des branches plantées au milieu des 2 rangs.

double rang de petits pois

double rang de petits pois


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- oignons : sur une terre non fumée (à cause des maladies), j’ouvre des rangs peu profonds espacés de 25-30 cm et je plante les oignons tous les 10-15 cm, tige en haut ! Je recouvre à peine.

en rang d'oignons

en rang d’oignons

- radis : j’ouvre une petite surface de 20 cm x 1 m. Je sème très clair, sinon ils se développent mal. J’enfouis légèrement les graines avec le croc et je peux recouvrir avec un peu de terreau.

- carotte :
même procédé sur un rang complet.

carottes avant léger recouvrement

carottes avant léger recouvrement

- pommes de terre : J’ouvre des rangs profonds de 10 cm espacés de 50 à 70 cm. Je plante les tubercules de charlotte ou rosabelle tous les 35-40 cm avec les germes vers le haut. Je recouvre de terre. Après levée, je pourrai butter les rangs. Si je veux avancer la récolte pour avoir de « bonnes patates nouvelles », je peux utiliser un tunnel.

pommes de terre

pommes de terre


- salades : En châssis, je plante des salades achetées au marché. Si elles sont vendues en trop grand nombre (exemple par 24), je n’en plante que la moitié et je laisse le reste en pépinière. Je les planterai dans 2 ou 3 semaines. En parallèle, je commence des semis de laitue ou de chicorée. Ces semis seront éclaircis. Les plants arrachés pourront être plantés à leur tour. A partir du 10 avril, je cultive en pleine terre.

Avril : prudence

Le mois d’avril peut être très beau, auquel cas, on peut continuer semis et plantations de petits pois, carottes, betteraves, radis, salades et plantations de pommes de terre, et des plants de choux-pommes, choux-fleurs achetés au marché.
S’il fait encore froid, je protège mes semis avec un voile de croissance

- betteraves : J’ouvre un rang, je sème 3 à 4 graines tous les 10 cm. Je recouvre de terre et tasse légèrement. Un rang de 4 m me suffit. En effet, j’éclaircirai lorsque les betteraves feront 5 cm de haut et je les repiquerai sur un ou deux nouveaux rangs. Cela me permettra d’assurer la saison complète, tout en espaçant les récoltes.

- Gestion des planches du jardin

Pour une rotation des cultures et en essayant d’associer les plantes favorablement, j’ai 3 planches qui tournent chaque année. Elles comprennent à peu près :
- planche 1 : pommes de terre, oignons, carottes, betteraves, radis, épinards, salades, choux
- planche 2 : petits pois, haricots verts, haricots demi-secs type coco, courges et concombres
- planche 3 : tomates, poivrons, aubergines, potimarons et potirons, melons.
semis protégés par voile et tunnel semis protégés par voile et tunnel

ANDALOUSIE : A la recherche de la civilisation AL-ANDALUS

JOURNAL D’ANDALOUSIE

Circuit du 28 mai au 10 juin 2015

Circuit du 28 mai au 10 juin 2015

Grenade (28 au 30 mai)

Nous sommes arrivés à Grenade en venant de la côte méditerranéenne : Aguilas, Garrucha, Villaricos. De beaux hôtels vides donnant sur la mer imitent les palais avec leurs parcs et leurs plantes exotiques : palmiers, lauriers roses, jaunes et blancs, bougainvillées.
Nous traversons ensuite, plein ouest par la N 340 A, des paysages lunaires et désolés où sont tournés les westerns. Nous reprenons ensuite l’A92 pour atteindre Esfiliava où nous pique-niquons à l’ombre d’un noyer. Le vent nous caresse et nous lisons avant de visiter les troglodytes du village.
A plusieurs kilomètres, Guadix est célèbre pour ses habitations troglodytiques avec cheminées et façades blanches. Dans la ville, les petites rues, le vieux château et la cathédrale nous impressionnent. A Grenade, nous avons beaucoup de mal à trouver le camping Reina Isabel.
Il fait bon, les oiseaux chantent et le décor est magnifique, malgré notre place exiguë.

Guadix

Guadix

Après avoir changé d’emplacement, nous partons en bus vers la ville proche et parcourons le centre : cathédrale monumentale, plaza Isabel, plaza Nueva. A partir de là, nous pouvons monter à pied vers l’Alhambra tant attendu. Nous pique-niquons en face de la porte de la Justice devant la fontaine de Charles-Quint, au milieu des bois et des chants des oiseaux : moineaux, merles, chardonnerets, verdiers. L’été est là.
Nous commençons la visite par l’entrée haute, munis de nos réservations : Medina et jardins, église Santa Maria, palais de Charles-Quint, musée des beaux arts (objets d’art issus des fouilles et magnifiques motifs géométriques en mosaïques), Alcazaba (ancienne forteresse des sultans arabes avec vues superbes sur la ville en face).
Nous devons attendre l’heure de la visite prévue en fin d’après-midi pour les palais des Nasrides et nous nous reposons sur la place des Citernes en face de la porte du vin. Nous disposons d’une heure seulement pour cette visite convoitée par le monde entier. C’est donc au pas de course que nous essayons de ne rien perdre de ces merveilles de l’art hispano-musulman : palais, portes ciselées, murs décorés d’azulejos, mosaïques aux formes géométriques variées et colorées, calligraphies arabes, jardins rafraîchissants. Tout cela nous enchante et nous transporte dans un autre monde : celui dont nous avions rêvé plusieurs mois avant ce voyage. Nous nous prenons en photo dans la cour des Lions.
Nous redescendons en ville à pied et trouvons un petit restaurant pour goûter les tapas et la bière Alhambra près de la cathédrale.

Palais des Nasrides

Palais des Nasrides


Le lendemain est consacré à la visite du Generalife et à la promenade des tours de l’Alhambra.
Le Generalife est un ensemble de jardins qui avait été conçus pour nourrir la cour du Sultan. Nous faisons la visite dans l’ordre du plan : 1- jardins nouveaux : la saison est propice aux fleurs de toutes natures ; 2- jardins potagers ; 3-4- palais du Generalife et palais royal, du bonheur avec les portes ciselées et la cour du Canal et ses nombreux jets d’eau croisés et ses jardins enchanteurs ; 5-6 cour du Cyprès et de la Sultane ; 7- jardins supérieurs en terrasse avec des vues imprenables sur Grenade et sur l’ensemble de l’Alhambra ; 8- escalier de l’eau ; 9- promenade sous les lauriers roses.
Jardins du Generalife

Jardins du Generalife


Après le pique-nique, nous entamons la promenade des tours à l’envers : tour des Infantes avec de nombreux jardins en terrasses, vasques et petits canaux (nous demandons les noms des fleurs au jardinier : mimulus, alysum violet) ; tour de la Captive, tour des dames avec le palais du Partal (mirador offrant une vue panoramique sur l’Albaïcin, terrasses en escalier).
Le palais du Partal

Le palais du Partal


Nous redescendons en ville pour nous restaurer et visiter l’Albaïcin, ancien quartier des Gitans avec ses petites rues, ses maisons fleuries ou décorées de mosaïques autour des portes. De l’église saint Nicolas, nous avons des vues magnifiques sur l’Alhambra. L’orage arrive et nous nous réfugions dans une maison de la presse et feuilletons les nombreux livres d’art. Le soir, au camping, le soleil revient. Il fait 24°C à 20 heures. C’est merveilleux !
Quartier de l'Albacin

Quartier de l’Albacin

Ronda et les villages blancs (30 mai au 2 juin)
En partant de Grenade nous avons musardé en route et visité quelques beaux villages blancs.
Olvera, village perché avec son château en ruines sur un monstrueux rocher dominant une grande église. Les maisons blanches s’étalent sur ses flancs. L’ensemble est superbe mais écrasé par le soleil. Nous recherchons l’ombre pour un pique-nique, ombre que nous trouvons en pleine campagne sous des oliviers près d’une petite église où a lieu une bénédiction de communion.
Plus tard, après avoir roulé au milieu des champs de céréales et d’oliviers, nous découvrons Setenil, ville surprenante car une partie est troglodytique calée sous une énorme coulée rocheuse. Nous nous arrêtons pour y déambuler et admirer les belles rues aux façades blanches et fleuries. Les cafés sont très animés.
A Ronda, le beau camping El Sur nous accueille. Nous montons la tente et allons nous baigner à la piscine.

Setenil

Setenil


Nous découvrons Ronda le dimanche avec un beau défilé andalou : costumes, chars, chevaux, chats et danses place Ruedo Alameda. Nous remontons à travers la ville historique. Un cavalier gravit le sentier le long des fortifications. Nous arrivons à l’église Santa Maria la Mayor. Près du Puento Nuevo enjambant le précipice de 100 mètres, la devise de Condesat de Robersat (1863) résume bien notre raison d’être ici  » Etre venue à Ronda dans cette ville des Maures, poétique et inaccessible, cela suffit à la gloire d’une vie entière ». Au-delà du pont, la ville nouvelle offre des vues splendides sur la campagne environnante. Dans le parc Alamendo del Taro joue un accordéoniste. Les rues sont bondées de touristes, de boutiques et d’hôtels. Nous redescendons vers le pont romain et visitons les bains arabes remarquablement bien conservés : salle d’accueil, salle froide, salle chaude sont séparées par des colonnes et voûtes en briques.
Pour reprendre quelques forces, nous déjeunons sur la terrasse ombragée du restaurant El Morabito qui donne sur le vide de la campagne. L’air nous caresse et nous prenons une douzaine de tapas.
Au retour, le patio de la maison de Don Bosco nous offre ses magnifiques décorations.
Au camping, les oiseaux nous font un festival. le verdier est particulièrement généreux ainsi que les chardonnerets qui ont un charisme extraordinaire ! Suivent les serins cini, les moineaux et les merles du matin.
Ronda

Ronda


Nous décidons de découvrir la côte sud de l’Espagne et de passer de la Méditerranée à l’Atlantique. Par l’A 369, nous nous arrêtons à Cazares situé sur les flancs d’un immense rocher. Il est couronné d’un vieux château maure et d’une église transformée en centre culturel. Nous y grimpons et découvrons de là-haut le rocher de Gibraltar. La descente vers la côte se fait par Manilva et nous longeons la mer sur l’A7. Mis à part les ensembles bétonnés, c’est superbe. Nous évitons Gibraltar et Algesiras et ses immenses installations portuaires pour atteindre Tarifa, pointe sud de l’Europe. Après avoir acheté du fromage de brebis et du pain, nous pique-niquons à l’ombre d’une statue poisson près du rivage. Face à nous, l’île Paloma qui constitue la ligne de partage entre Méditerranée et Atlantique.. déambulations dans la ville au hasard des petites rues étroites, blanches, fleuries mais sans chichi. Vieille église avec dôme (qui devait être une mosquée), habitants très simples, joueur de guitare devant un restaurant. Retour par la plage où il fait bon marcher dans l’eau sous la brise tiède, mais attention au soleil qui grille les peaux fragiles ! Nous revenons par l’A7 puis par la route de la Serrania de Ronda, montagneuse avec des cols au-dessus de 1000 m. On en a plein les yeux !
Tarifa - au fond le Maroc

Tarifa – au fond le Maroc


Nous repartons de Ronda pour nous embarquer à travers la Sierra de Grazalema. La petite route serpente entre des vallées alpestres bien découpées et longe des forêts de chêne-liège en pleine production. Les ouvriers récoltent l’écorce. Arrivés au village de Grazalema, nous laissons notre voiture pour découvrir la ville à pied au dessous du pico San Cristobal. Sur la place, le marché offre ses produits locaux : vêtements, lainages, fruits, légumes et fromages. Pique-nique au retour sur le parking avec vue sur le village.
Grazalema

Grazalema


L’après-midi, nous partons en direction de Cadix. la montagne laisse la place à un plateau bosselé très boisé et cultivé (céréales, tournesol). Nous nous arrêtons à Arcos de la Frontera. Nous montons à pied « sous le cagna » : église, château, ruelles surchauffées, magasins de céramique et de souvenirs. Il vaut mieux être en forme !. Nous repartons par le côté sud ouest et sommes surpris par la vue impressionnante de la ville sur son éperon rocheux. Nous rejoignons assez facilement El Puerto de Santa Maria (camping Playa las dunas très moderne sous les pins au bord de la côte : une caméra capte votre numéro de voiture et vous autorise l’entrée).
Arcos de la Frontera

Arcos de la Frontera

Cadix et El Puerto de Santa Maria ( 3 au 5 juin)

Depuis notre camping à El Puerto de Santa Maria, la ville de Cadix est à une portée de bateau. Le « Bahia de Cadix » assure la liaison et nous permet une approche maritime. Après le pont à haubans, la cathédrale nous apparaît avec son dôme doré et ses deux clochers. Coincée sur sa presqu’île, la plus ancienne cité d’occident sur l’Atlantique, fondée par les Grecs, a commercé avec les Phéniciens et les peuples du Moyen Orient. Les palmiers, bougainvilliers et hibiscus nous rappellent que nous sommes en pays chaud. Nous déambulons dans les rues blanches et fleuries. Nous visitons le musée des Beaux Arts. Son rez-de-chaussée est consacré à l’histoire très riche et à l’archéologie. Au premier étage, les peintres du sud de l’Espagne tels que Zurbaran et Murillo sont représentés. Les restaurants offrent des poissons frits : poulpes, calamars et mini frites.

Bateau-bus vers Cadix

Bateau-bus vers Cadix


Cadix : Cathédrale

Cadix : Cathédrale

Sanlucar de Barrameda

La ville se trouve à l’embouchure du Guadalquivir. Nous marchons sur la grève pendant deux kilomètres et remontons jusqu’à Bonanza, port d’où est parti Magellan en 1519 pour son premier tour du monde. Une affiche nous rappelle le futur 500ème anniversaire (2019). C’est émouvant de regarder ce fleuve qui a vu passer les caravelles de Christophe Colomb revenant d’Amérique chargées d’or pour remonter jusqu’à Séville.
Après le bain, déjeuner sur la plage et visite des rues. C’est la féria. Les grandes rues sont décorées et investies par les casetas : bistrots où la foule se presse vers 14 ou 15 heures pour boire, déjeuner et se retrouver ensemble. Des groupes se forment et chacun frappe dans ses mains au rythme de la musique flamenco qui sort des haut-parleurs. Les femmes sont vêtues de robes andalouses multicolores. Elles acceptent volontiers de poser pour une photo.
Après avoir cherché en vain le vignoble de Jerez à notre retour, nous trouverons du vin au bar du camping et au… supermarché (mercadona), Na!

Sanlucar : le port

Sanlucar : le port


Sanlucar : la feria

Sanlucar : la feria

Vallée du Guadalquivir

Nous remontons vers Séville en essayant de suivre les bords du fleuve, rive gauche. Nous improvisons par de petites routes non cartographiées, à partir de la ville de Trebujena. Il n’y a personne. Les vignes sont implantées en haute des collines, les céréales et tournesols remplissant les vallées. Au fond coule le Guadalquivir. Il n’y a personne. Les viols d’oiseaux sont nombreux : ibis noirs, mouettes, hirondelles, cigognes. Nous filmons un nid. la plaine semble abandonnée. Nous repartons vers Lebrija où nous achetons des carreaux de céramique (4 mètres de frise !). Au centre de la plaine riche et irriguée, la Nationale IV nous conduit à l’entrée de Séville, au camping Willsom.

Au bord du Guadalquivir

Au bord du Guadalquivir


Entre Séville et Cordoue, il faut signaler Almodovar del Rio avec son château perché imprenable qui a résisté pendant quatre siècles à la reconquête catholique. Nous montons pique-niquer au pied des murailles et bénéficions de vues imprenables sur la vallée, mais des enfants jouent les soldats assiégés et nous lancent de l’eau du haut des tours…
Dans cette riche région agricole irriguée, sont produits oranges, maïs, tournesol, blé et même coton.
Almodovar del rio

Almodovar del rio

Séville ( 5 au 8 juin)

La grande métropole, située au bord du Guadalquivir, avait le monopole du commerce de l’or après la découverte de l’Amérique.
Nous y faisons une première découverte le soir, à pied, à partir de l’avenue du Portugal où arrive notre bus. Nous passons par l’université, la porte de Jerez, l’Alcazar, la cathédrale, l’avenue de la Constitution, la Plaza Nueva. Les rues sont très animées : musiques, chants et danses flamenco. Les avenues larges de la capitale sont envahies de monde et surtout de jeunes.
Nous franchissons le fleuve par le pont Isabel II pour rejoindre le quartier de Triana. Nous y dégustons une bière dans la Bodega Siglo XVIII. L’architecture intérieure y est extraordinaire : piliers en marbre, voûtes en briques et azulejos.

Séville : vue du pont Isabel II

Séville : vue du pont Isabel II


Le lendemain, samedi, nous partons tôt en raison de la chaleur et traversons les jardins de Murillo, le long de la Calle Menendez. Arbres immenses et exotiques, bancs décorés d’azulejos nous invitent au farniente. Nous découvrons les petites rues du quartier de Santa Cruz avant de visiter la cathédrale. Première impression : l’immensité. C’est un musée autant qu’une église construite en style gothique sur les bases d’une mosquée, pour marquer la puissance de la chrétienté. La Capilla Mayor abrite un autel utilisant 1200 kg d’or fin pour représenter toutes ses figurines !
Sont adjointes des constructions renaissance (sacristie, chapelles, salle capitulaire). Nous y découvrons des tableaux de maîtres (Zurbaran, Murillo, Goya) et des objets en or et argent dans la salle des Trésors.
Nous nous élevons au sommet du célèbre minaret qui a été conservé de l’époque musulmane : la Giralda. Par son plan incliné intérieur, le muezzin pouvait y monter à cheval pour appeler à la prière. Très belle vue panoramique sur la ville écrasée de soleil.
Nous terminons la visite par la cour des Orangers de style mauresque.
Séville : la cathédrale

Séville : la cathédrale


Le retour se fait en visitant la place d’Espagne construite en demi-cercle pour l’exposition sur les Amériques de 1929. Le palais est construit en briques et décoré d’azulejos. L’ensemble est digne d’une capitale. Les capteurs indiquent 38 degrés. La piscine du camping est bienvenue
Séville : la place d'Espagne

Séville : la place d’Espagne


Les matins sont délicieux (25°). le linge sèche pendant la nuit. Nous avons la merveilleuse sensation de vivre dehors en toute liberté.
Nous repartons vers Séville pour visiter le musée des Archives des Indes. C’est la plus grande bibliothèque de documents sur l’Amérique du Sud et l’aventure de la colonisation espagnole : tableaux, maquettes de vaisseaux, livres, cartes nous plongent dans cette époque de la découverte.
L’après-midi est consacré à la perle de Séville qu’est l’Alcazar Royal. Dès l’entrée, se succèdent cours et palais. Les périodes musulmane, mudejar, chrétienne, renaissance se superposent pour offrir des trésors qui s’étalent sur plus de sept siècles.
On a beaucoup aimé la cour du Lion, le patio de la Monteria, la cour des Demoiselles aux sculptures très fines et ciselées ornées d’azulejos variés, lumineuses et plus nombreuses encore que dans les palais nasrides de Grenade. Le salon des Ambassadeurs et le palais du Roi Pierre Ier sont magnifiques. Nous admirons la finesse des motifs dans la Cour des Poupées et les colonnes d’Italica.
Séville : entrée de l'Alcazar

Séville : entrée de l’Alcazar


Séville : Alcazar, la cour des Demoiselles

Séville : Alcazar, la cour des Demoiselles


Séville : azulejos

Séville : azulejos


Cordoue ( 8 au 10 juin)

Nous découvrons la ville en soirée, après 1/4 heure de bus depuis le camping. Il fait très chaud. Nous flânons dans la vieille ville du nord au sud : Juderia, rue Jose Conde, place des Tendillas (centre), la Mesquita, et traversons le Guadalquivir par le pont romain. Nous découvrons les norias et ruines de moulins et débouchons près de la tour Cahorra. En revenant par l’autre rive, la ville se laisse découvrir et la Mesquita nous apparaît dans sa totalité. Nous rentrons par la rue Ronda de Isasa, San Bartholome et la synagogue.

Cordoue : la Mosquée vue de l'extérieur

Cordoue : la Mosquée vue de l’extérieur


La visite de la mosquée se fait le matin avec un audio guide en français. En partant de la cour des orangers, la visite commence par les restes de la basilique Saint Vincent Martyr dont l’origine vient des Wisigoths chrétiens. Abdal al Rhamad Ier commence la mosquée au VIIIème siècle après avoir acheté cette basilique. La lumière sombre se dissout du haut vers le bas entre les nombreuses colonnes fines et les voûtes à deux étages (856). Les couleurs rouge et blanc des voûtes, noir des colonnes et clair du marbre du sol procurent une harmonie subtile et sérénité absolue. Les perspectives nombreuses et différentes participent à cette impression. Nous suivons la chronologie des constructions. Le plus beau est le Mirhab, lieu saint où priait le calife, richement et finement décoré. Murs, arcades, coupoles parées de stucs, mosaïques, marbres polychromes et compositions en pâte de verre coloré à la feuille d’or sont merveilleux . Il fut commandé par Al Hakan II en 961 à des artistes byzantins.
Cordoue : Mosquée, le Mirhab

Cordoue : Mosquée, le Mirhab


Comme dans tous les monuments d’Andalousie, la reconquête catholique a transformé cet ensemble. En 1236, Ferdinand II en a fait un sanctuaire catholique : nombreuses chapelles, Trésor avec ostensoir en or où figurent les scènes de la vie du Christ, etc. La cathédrale, de style renaissance et baroque, est édifiée au centre de la mosquée au XVIème siècle, sous l’influence de Charles Quint qui le regrettera (nous aussi). Le monument deviendra :  » ce qui se voit partout à la place de ce qui se voyait nulle part ».
Cordoue : Clocher de la mosquée

Cordoue : Clocher de la mosquée


Après un repos au camping nous repartons le soir lorsque la température chute un peu (35° !).
Nous visitons le quartier juif et la synagogue la plus vieille d’occident. Elle a été construite en 1315 alors que les Juifs avaient été expulsés d’Espagne. La statue de Moïse Maïmondes nous interpelle. Après avoir été chassé par les Almohades de Cordoue, il fut médecin du sultan Saladin en Egypte.
Nous revenons par l’église San Lorenzo et la visite du magasin d’artisanat Zoco (cuirs et faïences).
Le troisième jour est consacré à la visite du palais Viana. Comme nous sommes un peu en avance, nous flânons dans les rues et entrons dans une petite librairie où nous achetons des copies d’affiches des concours de patios. Le palais possède 13 patios à visiter avec le jardin. Ils ont tous leur caractère propre et sont plus magnifiques les uns que les autres. Fontaines au centre, sol avec motifs géométriques composés soit de briques, de dalles ou de petits galets clairs et sombres. Haies de myrthe ou de buis rythment l’espace au milieu des orangers. De nombreux pots de géranium s’accrochent aux murs. Bougainvillées, plumbagos bleus, jasmins, lierres et glycines de Chine nous enchantent. Au sol poussent les cinéraires, pétunias, héliotropes, mahonias et oeillets fleurissent les pots dont certains sont portés par des trépieds en fer forgé. Les colonnes et les voûtes confèrent à ces espaces un charme et une richesse indéfinissables.
Cordoue : patio du palais Viana

Cordoue : patio du palais Viana


En revenant vers la ville, nous croisons le Palais de Orive où a lieu une belle exposition photos au milieu des riches colonnes et voûtes sur deux étages. En revenant vers la Juderia, nous visitons la casa Andalusia, vieille maison du Xème siècle. Patio et vieux objets nous passionnent. Nous y dénichons de vieux carreaux azulejos et un livre illustré sur les contes de l’Alhambra.

Il nous restera à visiter la ville de Tolède, haut lieu de l’histoire Al-Andalus.

PETITE CHRONOLOGIE AL ANDALUS

711 Les troupes arabes débarquent à Gibraltar. Les Arabes remontent très vite l’Europe mais sont arrêtés à Poitiers (732). Ils battent les Goths et prennent le château d’Almodovar en 740.

756 Abd al-Rahmân Ier, dernier survivant de la dynastie des Omeyyades, fonde l’émirat de Cordoue.

929 Cordoue est une métropole politique, économique et culturelle. Elle est la capitale du califat. La mosquée est construite entre 785 et 987. Abd al-Rahmân III construit le minaret en 957.

1031 Le califat de Cordoue est démembré et apparaît le royaume (taïfa) de Séville

La conquête arabe

La conquête arabe

1085 Début de la reconquête catholique par le nord : Tolède

1147 Les Almohades (caste marocaine) envahissent l’Espagne et proclament Séville comme capitale. La mosquée est construite (1172) avec la Giralda (1198)

1236 Ferdinand III s’empare de Cordoue (1236), de Séville (1248) et de toute la vallée du Guadalquivir

1238 Muhamad Ibd al-Ahmar proclame le sultanat nasride sur Grenade, Malaga, Alméria. La résistance à la reconquête durera plus de deux siècles. L’aménagement de la forteresse de l’Alhambra de Grenade est réalisé aux XIIIème et XIVème siècles avec Yusuf Ier et Muhamad IV. Le jardin du Generalife (des « Elevés ») est créé en 1319. Grenade accueille les musulmans des provinces reconquises. C’est une période de splendeur artistique.

1262 Cadix est reconquise par Alphonse X.

1402-1509 Construction de la cathédrale de Séville mais la Giralda est conservée.

1485 Ronda tombe aux mains des Catholiques.

1492 Le 2 janvier, Grenade est reconquise à son tour. Les clés sont remises aux catholiques par le dernier roi maure : Boadbil. Christophe Colomb démarre les conquêtes des Amériques.

1519 Magellan fera le premier tour du monde en partant de Sanlucar.

1526 Charles Quint épouse Isabelle du Portugal et sera le plus puissant souverain d’Europe.
A Grenade, il édifie un palais au milieu de l’Alhambra.
A Séville, il construit les parties gothiques de l’Alcazar de Séville avec des azulejos de style renaissance. La Casa Lonja qui deviendra la maison des Archives des Indes est construite entre 1583 et 1646.

La reconquête chrétienne

La reconquête chrétienne

MISSION AJHA 2015 AU BANGLADESH

Une aventure humaine enrichissante

Je reviens d’une mission au Bangladesh, au titre de l’association AJHA dans laquelle je suis engagé depuis une bonne dizaine d’années maintenant. J’étais accompagné de deux administrateurs natifs de cette région.

Le contexte de la mission

Le but était de se rendre compte sur place des actions menées dans les deux programmes engagés depuis plus de cinq ans et de mieux se connaître entre partenaires. J’ai eu la chance d’être accueilli dans les familles de mes collègues originaires de la province de Kagrachari située au sud-est du Bangladesh, près de la Birmanie. C’est une des trois provinces peuplée de minorités bouddhistes, perdues au milieu de l’immense majorité bengalie (150 millions d’habitants pour une surface quatre fois plus petite que la France). Ils doivent donc lutter en permanence contre les discriminations et la colonisation progressive de leurs terres. Pour les étrangers comme moi, un permis d’entrée est obligatoire et il est interdit pour eux de se réunir avec nous sans la présence de militaires…

Nous avons néanmoins pu réaliser notre mission sans problème grâce au réseau de partenaires locaux extrêmement solidaires et efficaces et aux liens familiaux de mes amis. J’ai été frappé par les qualités d’accueil, de gentillesse et de simplicité de mes hôtes. Ils se mettent en quatre pour qu’on se sente bien, qu’on puisse rencontrer qui on veut, qu’on puisse visiter les réalisations entreprises ensemble.

paysage typique des Chittagong Hill Tracts

paysage typique des Chittagong Hill Tracts

Dans ce pays à très faible pouvoir d’achat, je me suis senti une nouvelle fois « nanti occidental ». Le décalage est immense au point de vue du confort, du niveau de vie, des transports, des loisirs, de l’éducation des jeunes, de l’avenir, du climat, etc. Comment imaginer, par exemple, que la corruption est présente partout dans l’administration ? Que les grèves sont lancées par les partis d’opposition et qu’elles durent toute la semaine, paralysant les transports et les administrations ? Que les jeunes non éduqués sont sans avenir et condamnés à survivre dans leur village ou à échouer dans les grandes métropoles ? (Dhaka : 20 millions d’habitants, que j’appelle « mégalopole de la survie » !) Cela m’a conforté dans cette voie de solidarité internationale que je me suis tracée depuis longtemps.

L’évolution positive du collège de Tarabunia

Je voulais vous parler, tout spécialement, du collège de Tarabunia que nous avons construit en 2011. C’est un de nos deux programmes au Bangladesh. Les trois salles de classe et la salle de professeurs se dressent fièrement à l’entrée de ce village perdu au fond de la province où vivent les populations tribales de l’ethnie Chakma. Ce collège permet aux enfants des minorités ethniques de continuer leurs études après le primaire. Le coût des études est de 0,20 euro par mois par enfant, étant donné la pauvreté des familles.

l'arrivée à Tarabunia avec le collège au fond

l’arrivée à Tarabunia avec le collège au fond

On peut dire qu’il est victime de son succès. Il accueille de plus en plus d’élèves qui viennent maintenant des villages voisins. Il avait démarré timidement avec 16 élèves. Aujourd’hui, il atteint 81 élèves pour les trois classes (33 élèves en première année). Notre objectif de 120 élèves sera vite atteint. Nous offrons aussi une continuité aux élèves méritants en leur permettant de continuer leurs études jusqu’à la fin du secondaire à Moanoghar, internat de 1350 élèves situé dans la province voisine de Rangamati. C’est dans cet établissement, né en 1974, que nous avons notre deuxième programme en parrainant une quarantaine d’enfants et en soutenant divers projets liés à la santé, à l’éducation et au développement.

A vrai dire, nous avons été enthousiasmés par le dynamisme du Comité de Parents qui gère le collège. Nous nous sommes aperçus qu’il s’implique fortement aussi bien dans les inscriptions et le suivi des élèves que dans l’aménagement des installations : clôture en bambou autour du terrain, plantations, installation de l’électricité, forage d’un puits et montage d’une rampe de robinets et de toilettes pour les enfants, grâce à une ONG locale. Il est entendu qu’il prend en charge la maintenance des locaux et du mobilier. Il a organisé, en notre honneur, un spectacle en plein air avec comédie et danses traditionnelles. Tout le village était là !

Côté professeurs, leur sérieux nous a rassurés. En plus des cours normaux, ils dispensent même gratuitement des cours de soutien le matin ! Ils sont au nombre de six, principal inclus, auxquels il convient d’ajouter un secrétaire et un gardien. L’équipe est maintenant au complet. Nilotpal, le principal, qui est jeune et dynamique, est formé cette année à sa nouvelle fonction en se rendant à Chittagong deux jours par semaine (quatre heures de trajet !).

l'équipe des professeurs du collège

l’équipe des professeurs du collège

Devant tous ces visages, ces sourires, ces espoirs, nous nous sentons portés en nous disant que ce projet était un bon choix. Nous avons senti le bonheur exprimé par un parent dont les deux enfants ont terminé leur scolarité au collège l’an passé et qui poursuivent aujourd’hui avec succès leurs études à Moanoghar. Seule l’éducation pourra permettre à ces futurs adultes d’avoir un esprit critique pour se défendre, d’envisager un métier. Mais en même temps, nous sentons la lourde responsabilité d’assumer ce soutien moral et financier.

le village entier nous accueille

le village entier nous accueille

Les enjeux financiers

Pour l’instant, AJHA assure le paiement des salaires et des coûts pédagogiques. Cette charge a augmenté cette année car l’équipe est maintenant au complet et, de plus, l’euro a nettement baissé par rapport à la monnaie locale indexée sur le dollar. Elle s’élève, cette année, à plus de 7 500 euros. Comment finançons-nous ces salaires ? La vente de vin en fin d’année (à laquelle beaucoup d’entre vous participent) apporte une contribution de 3 000 euros environ, ce qui est magnifique ! Nous complétons les recettes grâce à une dizaine de donateurs qui parrainent cette action, en faisant un don ponctuel ou mensuel. Par exemple, un virement mensuel de 30 €, éligible pour le crédit d’impôt qui est de 66%, revient en fait à 10 € par mois pour le donateur. Quant aux subventions du Conseil Régional des Pays de la Loire, elles ont été consacrées essentiellement à la construction des locaux et à la formation des professeurs.

Il paraît maintenant impensable d’arrêter cet élan. Si on fait le bilan, nos recettes sont aujourd’hui un peu justes et nous obligent à « piocher » dans nos fonds propres. Notre objectif est de faire enregistrer le collège auprès du Ministère de l’Education pour qu’il devienne établissement public. Les salaires seront alors pris en charge par l’Etat. Le chemin est plus long que prévu et il faut tenir au moins cinq années encore ! Pour assurer cette phase transitoire, il nous faudrait quelques donateurs supplémentaires. Face au dénuement de ces familles et à l’immense espoir que nous avons suscité, ce geste arriverait à propos ! Si vous souhaitez vous engager un peu plus à nos côtés dans cette aventure exaltante et participer à cette dynamique, contactez-moi.

Merci de votre lecture et de votre soutien. Sincères amitiés.

ITALIE : VOYAGE A TRAVERS L’HISTOIRE DE L’ART

Après avoir suivi le cours d’histoire de l’art de l’Ecole Supérieure des Beaux Arts d’Angers pendant trois années, l’idée de faire un voyage en Italie, aux sources de notre art occidental, a germé lentement. Nous sommes partis tous les deux au milieu du printemps Les destinations se sont imposées naturellement : début du séjour sur les côtes de la Mer Adriatique à Ravenne, descente vers l’Ombrie avec les visites d’Assise, Pérouse et des villes fortifiées, remontée en Toscane avec les villes célèbres de Sienne, San Geminiano, Florence et Lucques, enfin pause dans les Cinque Terre au bord de la Mer Méditerranée.
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RAVENNE

Ravenne est la ville des églises décorées par les artistes anonymes byzantins persécutés qui se sont réfugiés en Italie à partir du 4ème siècle. Ils ont apporté leur savoir-faire en remplissant les églises de mosaïques lumineuses. Les fonds d’or et les images représentant les scènes des Ecritures ont jailli et envahi les voûtes. C’est un émerveillement. Toutes les images, en deux dimensions, ont un sens profond et représentent le monde céleste. Le Christ Pantocrator (tout puissant), dans un geste arrêté, bénit avec les deux doigts levés représentant humanité et sainteté et les trois autres recourbés représentant la Sainte Trinité.

Cette ville a été capitale de l’Empire romain d’occident à partir du début du 5ème siècle. On retiendra le nom de Théodoric comme souverain sage et éclairé.

Eglises visitées : Mausolée Galla Placidia – Basilique San Vitale – Baptistère des Orthodoxes – Chapelle san Andrea – Basilique Basilique San Appolinare Nuovo – Baptistère des Ariens – San Appolinare in Classe

Ces mosaïques sont vraiment magiques bien qu’elles ne se laissent pas découvrir facilement. En effet, il faut s’imprégner du climat du lieu et adapter sa vue lorsqu’on vient de l’extérieur pour s’immerger progressivement dans la pénombre des églises. Alors, tout scintille, s’éclaire et c’est un enchantement. Quelles sont les plus belles ? C’est impossible à définir. En tout cas, elles emplissent l’espace, nous dominent de leur hauteur et nous illuminent de leur feux depuis quinze siècles !

* Pratique : camping Piombini, à 200 m de la mer, situé à Marina di Ravenna. 10 à 15 km de la ville mais accessibilité facile en bus.

Basilique San Vitale

Basilique S. Vitale


Basilique San Vitale, intérieur

Basilique S. Vitale, intérieur

Sant' Appolinare in Classe

St Appolinare in classe

Sant' Appolinare in Classe, intérieur

St Appolinare in classe, intérieur

Sant' Appolinare in Classe,détail

St Appolinare in classe, détail

ASSISE

La ville de Saint François et de Sainte Claire s’étale sur les pentes du mont Subasio. Saint François (1181-1226) mène la grande vie lorsqu’en songe, une voix lui demande de « réparer l’Eglise en ruine ». Il rend alors son argent à son père, fait vœu de pauvreté et apporte une conception renouvelée de la religion. Il se consacre à la prédication et gagne son pain par le travail manuel ou l’aumône. Après un séjour en egypte, il apporte l’idée de l’appel à la prière par les cloches et clochers et insiste sur l’émerveillement du monde visible (exemple le chant des oiseaux… très nombreux dans la campagne ombrienne). Il fonde l’ordre des Franciscains. Malade, il finit sa vie dans la communauté des sœurs des pauvres inaugurée par Claire d’Assise. Il est canonisé dès 1228.

La basilique Saint François, réalisée 60 ans après sa mort, est célèbre pour ses fresques où se sont exprimés les grands maîtres du 13ème siècle. Fresque vient de fresco. L’artiste peint pendant que l’enduit est encore frais, de telle sorte qu’il s’imprègne de la couleur. Ceci donne une vivacité dans le temps. Le travail se fait au pinceau ou à la brosse et doit être prévu à la journée.

La basilique inférieure est très attachante. D’abord très sombre, elle révèle progressivement ses trésors qui couvrent murs et voûtes. Elle constitue une collection immense de fresques des grands Maîtres aussi bien dans la nef que dans les transepts : Cimabue (fin 13ème siècle), Giotto, Lorenzetti et Simone Martini (début 14ème). Elle est un lieu de recueillement spécialement près du tombeau de Saint François.

La basilique supérieure légère et lumineuse est bâtie au-dessus la précédante. De style gothique, elle dégage une ambiance douce et sereine par sa décoration. Le chœur et l’abside possèdent des fresques de Cimabue et les deux côtés de la nef sont couverts en haut par 34 fresques de l’Ancien et du Nouveau testament et en bas des murs par les 28 fameuses et émouvantes fresques de Giotto représentant les épisodes de la vie de Saint François.

Autour d’Assise, de nombreuses villes féodales méritent la visite : San Sepolcroto, patrie de Piero Della Francesca, Spello avec ses rues pavées et ses maisons fleuries, bâtie au milieu des champs d’oliviers, Montefalcon, Trevi, Spoletto avec sa grande mozaïque en façade du duomo. La capitale Perugia possède une très belle Galerie Nationale dans le Palais des Prieurs qui donne un aperçu de la peinture du 13ème siècle. à la renaissance.

* Pratique : camping Fontemaggio situé au-dessus de la ville, dans la montagne. Accès en 15 mn à la partie haute de la ville en empruntant un sentier charmant. Enveloppé par les chants d’oiseaux.

Saint François

Saint François

Basilique Saint François

Basilique St François

Giotto : La nativité

Giotto : La Nativité

Spoletto : le Duomo

Spoletto : le Duomo

SIENNE

Sienne est connue pour sa célèbre Piazza del Campo, place en pente, desservie par onze rues et qui possède en son centre la fontaine Gaia (de la Joie). Les palais qui l’entourent rappellent la prospérité médiévale de la ville. Le Palais Public, construit au 14ème siècle, est surmonté d’une tour de 90 mètres de haut. Il abrite un des grands musées de peinture de la ville. La Pinacothèque (un des rares musées avec prise de photos autorisée), moins prise d’assaut, offre une belle rétrospective des œuvres des peintres siennois. Nombreux retables avec peinture tempera sur bois.

Nous découvrons la place du Duomo et sommes inondés de lumière à midi, face à la cathédrale gigantesque de marbre blanc, rose et vert foncé

C’est un plaisir de déambuler dans les rues au hasard. On atteint la basilique gothique St Dominico où se trouvent les reliques de sainte Catherine. De nombreux tableaux, statues et fresques sont à son effigie. Depuis cette colline, de belles vues sont offertes sur la ville de Sienne. Nous revenons par les petites rues et la maison natale de Sainte Catherine d’où se dégage toute la ferveur des croyants.

* Pratique : camping Colle Verde situé à 5 km de la ville. Très moderne. Accès au centre de Sienne en 20 mn par bus.

Sienne : Palais communal

Sienne : Palais communal


Lorenzetti : retable bois

Lorenzetti : retable bois


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Cathédrale Sainte Catherine

Cathédrale du Duomo

SAN GIMINIANO

Nous avions besoin de respirer en nous rapprochant d’une ville plus petite et en flânant par les petites routes et villages de Toscane : Poggibonsi, Colle val d’Elsa, castel san Giminiano, San Donato (un car de touristes venus goûter du vin nous a fait fuir).

San Giminiano est la ville des tours. Elle en possédait plus de 70 construites essentiellement au 13ème siècle. Elles appartenaient à des familles nobles qui manifestaient ainsi concrètement leur puissance. Il en reste aujourd’hui une dizaine. la ville est très touristique mais l’environnement est magnifique et propice aux balades et randonnées. La campagne toscane y est typique : vignobles, oliveraies, bois, genêts. Les cinq sens sont en éveil : caresse de l’air tiède, odeurs des jasmins, chants des rossignols, vues imprenables, gôut du Chianti et du saucisson de sanglier le soir (nous trouvons facilement des producteurs).

* Pratique : camping de Santa Lucia à 4 km de la ville. Cadre campagnard magnifique. Accès à la ville en minibus.

Tours médiévales

Tours médiévales


Vue du château

Vue du château


Paysage de Toscane

Paysage de Toscane

FLORENCE

C’est sans doute le but ultime de notre voyage! Florence est une des villes les plus riches du monde pour son patrimoine. C’est le symbole de la Renaissance. Ville des Médicis qui ont apporté la richesse et encouragé les arts du XIVème au XVIème siècle. Ville où ont séjourné les plus grands peintres, architectes et sculpteurs. Trois jours de déambulation et de visites nous ont permis de nous imprégner de cette époque.

L’arrivée au petit matin permet de voir les rives de l’Arno et le Ponte Vecchio éclairés d’une lumière douce.

A deux pas se trouve la cathédrale Santa Maria del Flore (Duomo) avec sa coupole construite par Brunelleschi (1418-1436), inventeur de la perspective. En face, le baptistère est célèbre par ses portes sculptées en bronze. La porte sud, gothique, est de Pisano. La porte nord et la célèbre « porte du Paradis », qui fait face à la cathédrale et représente des scènes de l’Ancien Testament, sont de Ghiberti. Il est cependant difficile d’approcher car les touristes sont nombreux !

Autour de l’église Orsanmichele, on peut admirer les niches sculptées par Ghiberti (saint Matthieu), Donatello (Saint Georges : allégorie de la force) et Nanni di Banco (quatre saints couronnés). L’église de Santa Croce est un bel exemple d’église gothique en Italie.

La Piazza et la Loggia della Signoria sont un véritable musée à ciel ouvert avec les statues géantes et célèbres telles que : David de Michel-Ange, Judith et Holopherne de Donatello, Persée de Cellini, l’enlèvement des Sabines, la statue équestre de Cosme 1er et la fontaine de Neptune de Giambologna. En arrière plan, le palazzo Vecchio, construit en 1300, offre sa masse imposante avec sa tour de 94 mètres.

L’église de Santa Maria Novella, dont la façade en marbre vert et blanc a été construite par Alberti, abrite de nombreuses fresques (la Trinité de Masaccio, la Visitation de Ghirlandaio). La place est belle et calme. C’est Alberti qui a formulé les principes de la persperctive. La basilique San Lorenzo a été dessinée par Brunelleschi et constitue un exemple typique de l’architecture Renaissance avec ses proportions rigoureuses et savantes et son dôme à 12 faces.

Le couvent San Marco nous a impressionnés par sa sérénité. Fra Angelico, moine franciscain, y a peint ses célèbres fresques entre 1439 et 1445, avec une idée didactique (prière). Au rez-de-chaussée, dans la salle capitulaire, la crucifixion est très imposante. A l’étage, une fresque très émouvante de l’annonciation nous accueille en face de l’escalier. Ensuite, chacune des 43 cellules contient une fresque différente. Au retour, dans le magasin, la fresque de Ghirlandaio, la Cène, est magnifique. Ces scènes sont toutes empruntes de foi et sont symboliques et non décoratives ou réalistes.

Il faut réserver une demi-journée pour la visite du plus beau musée de sculpture : le Musée Bargello. Nous sommes envoutés dès l’entrée dans la cour et surtout dans la salle à droite où se situent les merveilles de la sculpture.
Giambologna : savoir faire et maîtrise avec le Mercure volant et Bacchus, Michel-Ange : force et sobriété : « la statue est déjà dans la pierre » avec la Madone et l’enfant puis Bacchus au caractère bien trempé, Cellini : maniérisme avec le Buste de Côme 1er et les statues raffinées de Persée, Ammananti avec Moïse et Ganimède, etc. A l’étage, c’est au tour de Donatello avec ses David en marbre et en bronze, Brunellesci et Ghiberti avec le sacrifice d’Isaac, œuvres du concours pour les portes du Baptistère. Au second étage, on trouve des statues en terre cuite polychrome, par exemple la Résurrection de Verrocchio.

Le musée des Offices est le plus connu et le seul que nous ayons réservé. Il constitue un trésor fabuleux de peintures allant du XIIIème au XVIIème siècle. En visitant le matin (de 9 heures à 13 heures pour nous), nous avons eu le temps d’apprécier les oeuvres avec un audioguide en français.
- XIIIème avec la spiritualité et les attitudes figées : Buoninsegna, Giotto, Cimabue
- XIVème siècle avec le gothique international : Da Fabriano
- XVème siècle avec les œuvres de Filippo Lippi : couronnement de la Vierge, Ghirlandaio et Boticelli : Adoration des mages. Les œuvres non religieuses apparaissent au milieu de ce siècle. Botticelli, élève de Filippo Lippi, apporte une véritable révolution avec la représentation des nus : le printemps en 1477, sujet allégorique, la naissance de Vénus en 1484. Les portraits démarrent aussi à cette époque, par exemple Pollaiolo (Maria Sforza), Botticelli (jeune homme à la médaille). Les salles suivantes nous dévoilent Verrochio et son élève Vinci (baptême du Christ, annonciation), Le Perugin (Agonie, Crucifix), Mantegna (triptyque), Bellini (Allégorie sacrée). Cette époque très prolifique apporte aussi la peinture à l’huile (de Messine). Le rez-de-chaussée se termine avec Michael-Ange (Sacra Familia), Fra Bartholomeo (Portia), Albertini (Visitation)
- XVIème siècle au 2ème étage. Quelques œuvres majeures : Huile de Del Sarto : la Madone des harpies. Le Pontorno : Naissance de St Jean Baptiste . Bronzino : Retour d’Egypte et portraits. Raphael : Madone et l’enfant, Léon XIII. Corregio : la Vierge en adoration de l’enfant. Le Parmesan : la Madone au long cou. Le Titien : portraits d’Eleonora Gonzaga, Vénus d’Urbino, Flora (sensuel). Le Caravage : Sacrifice d’Isaac, Bacchus.

* Pratique : camping international à 5 km du centre historique. Cadre de verdure et de collines. Accès à la ville en bus après 10 mn de marche.

Vue sur l'Arno

Vue sur l’Arno


Place Della Signoria

Place Della Signoria


Place Della Signoria

Place Della Signoria


Eglise Santa Maria Novella

Eglise Santa Maria Novella


couvent San Marco

couvent San Marco


Fra Angelico : Annonciation

Fra Angelico : Annonciation


Lippi : Vierge et Enfant -  Boticelli : le printemps

Philippo Lippi : Vierge et Enfant – Botticelli : le printemps


Raphael : Vierge au chardonneret

Raphael : Vierge au chardonneret


Michel-Ange : Bacchus

Michel-Ange : Bacchus


Michel-Ange et Donatello : David

Michel-Ange et Donatello : David

CINQUE TERRE

Déplacement vers la mer Méditerranée en passant par Lucques, vieille ville fortifiée sur la route de Pise. Pour accéder à Levanto, il vaut mieux prendre l’autoroute à cause des montagnes. En arrivant, la mer est très belle, calme et lumineuse. Les montagnes se détachent de chaque côté. les façades bleues, ocres, roses et jaunes se détachent, éclairées par le soleil couchant.

1er jour : une des plus belles randonnées que nous ayons faites. Il s’agit de Corniglia-Manarola. Il faut d’abord prendre le petit train. N’espérez pas voir le beau paysage car il ne roule qu’en tunnel et n’apparaît qu’aux villages. Après la visite du village coloré de Corniglia, nous montons de 500 m environ. La première partie est en forêt. Puis on arrive aux terrasses célèbres construites de la main de l’homme. Que de déblaiements, transports de pierres et de savoir-faire des populations anciennes (Romains et réfugiés grecs) pour construire tous ces murs. Autour de Manarola, ces terrasses étroites, à cause de la pente, sont couvertes de vignobles. Les vignes sont conduites à 1,50 mètre du sol pour parer au vent venant de la mer. L’entretien est difficile car il faut se courber pour travailler la terre. De plus, l’accès aux terrasses demande des efforts dus au dénivelé. Un petit funiculaire à crémaillère descendant la pente nous a surpris. Il permet aux vignerons de gagner leur parcelle et de transporter matériel et récoltes. Les ceps sont plantés côté aval et un grillage horizontal les renvoie vers l’amont. A la vigne sont associés figuiers, cerisiers, abricotiers, oliviers et parfois poiriers, pruniers et citronniers. On y trouve aussi l’euphorbe, le genêt d’Espagne parfumé et la centaurée qui rehausse les couleurs de l’ensemble. Le paysage avec ses vues panoramiques sur la mer et les villages est inoubliable.
Ce qui nous marque, c’est ce que l’homme a fait de sa main et son intelligence. Il est dommage que les villages soient envahis de touristes et de boutiques en tout genre. Visiter en masse ces petites villes nous paraît dérisoire et déplacé. Aucune intelligence, aucun effort véritable ne sont mis en jeu. Nous passons vite notre chemin pour retourner à Levanto par le petit train.

2ème jour : randonnée Levanto- Monterosso. Nous partons à pied. Beaucoup de forêts. Dénivellé : 320 mètres. De beaux points de vue sur la mer si bleue de Levanto. En descendant sur Monterosso, par des marches trop hautes, nous apercevons les quatre villages suivants des Cinque Terre qui s’étalent entre mer et montagne. Pique-nique et bain très vivifiant (nous ne sommes qu’au début juin).

* Pratique : camping Albero di Oro en bordure de la ville. Accès à pied à la gare en 15 minutes pour aller dans les villages s’étalant de levanto à la Spézia (pass) et bon magasin de fruits légumes à proximité

Cinque Terre : Levanto

Cinque Terre : Levanto


Manarola vue des terrasses

Manarola vue des terrasses


Manarola vue de la mer

Manarola vue de la mer


Vignes et oliviers

Vignes et oliviers

20 ANS DE CAMBODGE !

Je me suis aperçu que j’ai découvert ce pays il y a 20 ans juste. Il a été une belle couleur dans ma vie.

palais-royal palais royal à Phnom Penh
musee_national musée national à Phnom Penh

La première fois, c’était en 1994. J’ai travaillé, avec un groupe de 35 collègues angevins, pendant 7 semaines de l’été sous l’égide de France Libertés. Il s’agissait d’apporter notre contribution pour relever le système éducatif de ses cendres par la formation de professeurs. Après avoir traversé la période khmère rouge et l’invasion vietnamienne, ils avaient surtout besoin d’un soutien psychologique. Phnom-Penh n’avait pas encore retrouvé ses habitants : immeubles en décrépitude totale, rues en terre, égoûts à l’air libre, hôtels sans réseau électrique. Le pays n’était pas encore pacifié : danger de voyager à la nuit tombée à cause des rapts, de s’écarter des chemins à cause des mines…
Cette fois-ci, j’ai participé à la mission de l’association Loire Cambodge que nous avons créée en 1998. J’ai travaillé avec 2 collègues angevins sur l’idée de partager des ressources pédagogiques en langue khmère : leçons, exercices, etc. Nous avons créé un site internet en 2013 (www.loirecambodge.com). On a mis en ligne tous les documents rédigés depuis une vingtaine d’années. Les professeurs cambodgiens peuvent les télécharger gratuitement. On souhaite qu’ils apportent aussi leur contribution : comme on dit un document fourni et mille récupérés. On a travaillé surtout avec les jeunes dans 4 établissements dont l’Institut National de l’Education qui forme les professeurs de lycée de demain. On a mis au point une méthodologie pour préparer des cours à partir d’internet de sorte à ce qu’ils alimentent ce site. La chaîne est lancée…
cambodge_formation

Le Cambodge se développe suivant un capitalisme sauvage. Les tours fleurissent à Phnom Penh, les magasins de mode et les super-marchés s’implantent dans les centres des villes et les gros 4×4 ont remplacé les cyclo-pousse. Les bords du Mékong s’aménagent et recèlent des trésors architecturaux : palais royal et musée national. Le marché central, emblème de l’époque coloniale, a refait sa toilette. Par contre, la campagne a peu varié si ce n’est l’arrivée des réseaux électriques et téléphoniques. La majorité des habitants est encore rurale et la culture du riz dominante. Les femmes tissent sous leur maison de bois.
marche_central
riziere
tissage

A peine sorti de l’aéroport, on se retrouve comme hier : soleil et chaleur (supportable), familiarité, accueil et sourire des Cambodgiens, motos en masse à l’heure de pointe, taxis tuk-tuk , cuisine parfumée, étals sur les trottoirs, etc. On se sent un peu chez nous et on n’est jamais seul ici grâce à nos amis, collègues ou filleuls cambodgiens.
Quelques images immuables, prises au hasard des week-ends ou des déplacements : marchés colorés, pagodes aux couleurs vives avec leurs stupas qui s’élancent vers le ciel, temple de grès rose du Bantei Srey, pèlerinage à la montagne sacrée : le Phnom Kulen, délicates apsaras d’Angkor Vat, robes safran des bonzes, pêcheurs sur le Mékong à l’aube…

marché à Phnom Penh

marché à Phnom Penh


stupas

marché à Phnom Penh


temple de Bantei Srey

temple de Bantei Srey


apsaras du temple d'Angkor Vat

apsaras du temple d’Angkor Vat


bonzes sortant d'Angkor vat

bonzes sortant d’Angkor Vat


pêcheurs sur le Mékong à Kompong Cham

pêcheurs sur le Mékong à Kompong Cham