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MISSION AJHA 2015 AU BANGLADESH

Une aventure humaine enrichissante

Je reviens d’une mission au Bangladesh, au titre de l’association AJHA dans laquelle je suis engagé depuis une bonne dizaine d’années maintenant. J’étais accompagné de deux administrateurs natifs de cette région.

Le contexte de la mission

Le but était de se rendre compte sur place des actions menées dans les deux programmes engagés depuis plus de cinq ans et de mieux se connaître entre partenaires. J’ai eu la chance d’être accueilli dans les familles de mes collègues originaires de la province de Kagrachari située au sud-est du Bangladesh, près de la Birmanie. C’est une des trois provinces peuplée de minorités bouddhistes, perdues au milieu de l’immense majorité bengalie (150 millions d’habitants pour une surface quatre fois plus petite que la France). Ils doivent donc lutter en permanence contre les discriminations et la colonisation progressive de leurs terres. Pour les étrangers comme moi, un permis d’entrée est obligatoire et il est interdit pour eux de se réunir avec nous sans la présence de militaires…

Nous avons néanmoins pu réaliser notre mission sans problème grâce au réseau de partenaires locaux extrêmement solidaires et efficaces et aux liens familiaux de mes amis. J’ai été frappé par les qualités d’accueil, de gentillesse et de simplicité de mes hôtes. Ils se mettent en quatre pour qu’on se sente bien, qu’on puisse rencontrer qui on veut, qu’on puisse visiter les réalisations entreprises ensemble.

paysage typique des Chittagong Hill Tracts

paysage typique des Chittagong Hill Tracts

Dans ce pays à très faible pouvoir d’achat, je me suis senti une nouvelle fois « nanti occidental ». Le décalage est immense au point de vue du confort, du niveau de vie, des transports, des loisirs, de l’éducation des jeunes, de l’avenir, du climat, etc. Comment imaginer, par exemple, que la corruption est présente partout dans l’administration ? Que les grèves sont lancées par les partis d’opposition et qu’elles durent toute la semaine, paralysant les transports et les administrations ? Que les jeunes non éduqués sont sans avenir et condamnés à survivre dans leur village ou à échouer dans les grandes métropoles ? (Dhaka : 20 millions d’habitants, que j’appelle « mégalopole de la survie » !) Cela m’a conforté dans cette voie de solidarité internationale que je me suis tracée depuis longtemps.

L’évolution positive du collège de Tarabunia

Je voulais vous parler, tout spécialement, du collège de Tarabunia que nous avons construit en 2011. C’est un de nos deux programmes au Bangladesh. Les trois salles de classe et la salle de professeurs se dressent fièrement à l’entrée de ce village perdu au fond de la province où vivent les populations tribales de l’ethnie Chakma. Ce collège permet aux enfants des minorités ethniques de continuer leurs études après le primaire. Le coût des études est de 0,20 euro par mois par enfant, étant donné la pauvreté des familles.

l'arrivée à Tarabunia avec le collège au fond

l’arrivée à Tarabunia avec le collège au fond

On peut dire qu’il est victime de son succès. Il accueille de plus en plus d’élèves qui viennent maintenant des villages voisins. Il avait démarré timidement avec 16 élèves. Aujourd’hui, il atteint 81 élèves pour les trois classes (33 élèves en première année). Notre objectif de 120 élèves sera vite atteint. Nous offrons aussi une continuité aux élèves méritants en leur permettant de continuer leurs études jusqu’à la fin du secondaire à Moanoghar, internat de 1350 élèves situé dans la province voisine de Rangamati. C’est dans cet établissement, né en 1974, que nous avons notre deuxième programme en parrainant une quarantaine d’enfants et en soutenant divers projets liés à la santé, à l’éducation et au développement.

A vrai dire, nous avons été enthousiasmés par le dynamisme du Comité de Parents qui gère le collège. Nous nous sommes aperçus qu’il s’implique fortement aussi bien dans les inscriptions et le suivi des élèves que dans l’aménagement des installations : clôture en bambou autour du terrain, plantations, installation de l’électricité, forage d’un puits et montage d’une rampe de robinets et de toilettes pour les enfants, grâce à une ONG locale. Il est entendu qu’il prend en charge la maintenance des locaux et du mobilier. Il a organisé, en notre honneur, un spectacle en plein air avec comédie et danses traditionnelles. Tout le village était là !

Côté professeurs, leur sérieux nous a rassurés. En plus des cours normaux, ils dispensent même gratuitement des cours de soutien le matin ! Ils sont au nombre de six, principal inclus, auxquels il convient d’ajouter un secrétaire et un gardien. L’équipe est maintenant au complet. Nilotpal, le principal, qui est jeune et dynamique, est formé cette année à sa nouvelle fonction en se rendant à Chittagong deux jours par semaine (quatre heures de trajet !).

l'équipe des professeurs du collège

l’équipe des professeurs du collège

Devant tous ces visages, ces sourires, ces espoirs, nous nous sentons portés en nous disant que ce projet était un bon choix. Nous avons senti le bonheur exprimé par un parent dont les deux enfants ont terminé leur scolarité au collège l’an passé et qui poursuivent aujourd’hui avec succès leurs études à Moanoghar. Seule l’éducation pourra permettre à ces futurs adultes d’avoir un esprit critique pour se défendre, d’envisager un métier. Mais en même temps, nous sentons la lourde responsabilité d’assumer ce soutien moral et financier.

le village entier nous accueille

le village entier nous accueille

Les enjeux financiers

Pour l’instant, AJHA assure le paiement des salaires et des coûts pédagogiques. Cette charge a augmenté cette année car l’équipe est maintenant au complet et, de plus, l’euro a nettement baissé par rapport à la monnaie locale indexée sur le dollar. Elle s’élève, cette année, à plus de 7 500 euros. Comment finançons-nous ces salaires ? La vente de vin en fin d’année (à laquelle beaucoup d’entre vous participent) apporte une contribution de 3 000 euros environ, ce qui est magnifique ! Nous complétons les recettes grâce à une dizaine de donateurs qui parrainent cette action, en faisant un don ponctuel ou mensuel. Par exemple, un virement mensuel de 30 €, éligible pour le crédit d’impôt qui est de 66%, revient en fait à 10 € par mois pour le donateur. Quant aux subventions du Conseil Régional des Pays de la Loire, elles ont été consacrées essentiellement à la construction des locaux et à la formation des professeurs.

Il paraît maintenant impensable d’arrêter cet élan. Si on fait le bilan, nos recettes sont aujourd’hui un peu justes et nous obligent à « piocher » dans nos fonds propres. Notre objectif est de faire enregistrer le collège auprès du Ministère de l’Education pour qu’il devienne établissement public. Les salaires seront alors pris en charge par l’Etat. Le chemin est plus long que prévu et il faut tenir au moins cinq années encore ! Pour assurer cette phase transitoire, il nous faudrait quelques donateurs supplémentaires. Face au dénuement de ces familles et à l’immense espoir que nous avons suscité, ce geste arriverait à propos ! Si vous souhaitez vous engager un peu plus à nos côtés dans cette aventure exaltante et participer à cette dynamique, contactez-moi.

Merci de votre lecture et de votre soutien. Sincères amitiés.

20 ANS DE CAMBODGE !

Je me suis aperçu que j’ai découvert ce pays il y a 20 ans juste. Il a été une belle couleur dans ma vie.

palais-royal palais royal à Phnom Penh
musee_national musée national à Phnom Penh

La première fois, c’était en 1994. J’ai travaillé, avec un groupe de 35 collègues angevins, pendant 7 semaines de l’été sous l’égide de France Libertés. Il s’agissait d’apporter notre contribution pour relever le système éducatif de ses cendres par la formation de professeurs. Après avoir traversé la période khmère rouge et l’invasion vietnamienne, ils avaient surtout besoin d’un soutien psychologique. Phnom-Penh n’avait pas encore retrouvé ses habitants : immeubles en décrépitude totale, rues en terre, égoûts à l’air libre, hôtels sans réseau électrique. Le pays n’était pas encore pacifié : danger de voyager à la nuit tombée à cause des rapts, de s’écarter des chemins à cause des mines…
Cette fois-ci, j’ai participé à la mission de l’association Loire Cambodge que nous avons créée en 1998. J’ai travaillé avec 2 collègues angevins sur l’idée de partager des ressources pédagogiques en langue khmère : leçons, exercices, etc. Nous avons créé un site internet en 2013 (www.loirecambodge.com). On a mis en ligne tous les documents rédigés depuis une vingtaine d’années. Les professeurs cambodgiens peuvent les télécharger gratuitement. On souhaite qu’ils apportent aussi leur contribution : comme on dit un document fourni et mille récupérés. On a travaillé surtout avec les jeunes dans 4 établissements dont l’Institut National de l’Education qui forme les professeurs de lycée de demain. On a mis au point une méthodologie pour préparer des cours à partir d’internet de sorte à ce qu’ils alimentent ce site. La chaîne est lancée…
cambodge_formation

Le Cambodge se développe suivant un capitalisme sauvage. Les tours fleurissent à Phnom Penh, les magasins de mode et les super-marchés s’implantent dans les centres des villes et les gros 4×4 ont remplacé les cyclo-pousse. Les bords du Mékong s’aménagent et recèlent des trésors architecturaux : palais royal et musée national. Le marché central, emblème de l’époque coloniale, a refait sa toilette. Par contre, la campagne a peu varié si ce n’est l’arrivée des réseaux électriques et téléphoniques. La majorité des habitants est encore rurale et la culture du riz dominante. Les femmes tissent sous leur maison de bois.
marche_central
riziere
tissage

A peine sorti de l’aéroport, on se retrouve comme hier : soleil et chaleur (supportable), familiarité, accueil et sourire des Cambodgiens, motos en masse à l’heure de pointe, taxis tuk-tuk , cuisine parfumée, étals sur les trottoirs, etc. On se sent un peu chez nous et on n’est jamais seul ici grâce à nos amis, collègues ou filleuls cambodgiens.
Quelques images immuables, prises au hasard des week-ends ou des déplacements : marchés colorés, pagodes aux couleurs vives avec leurs stupas qui s’élancent vers le ciel, temple de grès rose du Bantei Srey, pèlerinage à la montagne sacrée : le Phnom Kulen, délicates apsaras d’Angkor Vat, robes safran des bonzes, pêcheurs sur le Mékong à l’aube…

marché à Phnom Penh

marché à Phnom Penh


stupas

marché à Phnom Penh


temple de Bantei Srey

temple de Bantei Srey


apsaras du temple d'Angkor Vat

apsaras du temple d’Angkor Vat


bonzes sortant d'Angkor vat

bonzes sortant d’Angkor Vat


pêcheurs sur le Mékong à Kompong Cham

pêcheurs sur le Mékong à Kompong Cham

Un collège pour les enfants de Tarabunia, au Bangladesh

En février 2012, nous avons participé à l’inauguration du Collège de Tarabunia, petit village situé dans les Chittagong Hill Tracts, au Bangladesh. Projet de l’association AJHA, il permet aux jeunes du village et particulièrement aux filles de poursuivre leurs études au-delà du primaire.

le collège de Tarabunia, petit village isolé du Bangladesh

le collège de Tarabunia, petit village isolé du Bangladesh

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la fête inaugurale organisée par les habitants

la fête inaugurale organisée par les habitants

L'inauguration du collège

L’inauguration du collège