ITALIE : VOYAGE A TRAVERS L’HISTOIRE DE L’ART

Après avoir suivi le cours d’histoire de l’art de l’Ecole Supérieure des Beaux Arts d’Angers pendant trois années, l’idée de faire un voyage en Italie, aux sources de notre art occidental, a germé lentement. Nous sommes partis tous les deux au milieu du printemps Les destinations se sont imposées naturellement : début du séjour sur les côtes de la Mer Adriatique à Ravenne, descente vers l’Ombrie avec les visites d’Assise, Pérouse et des villes fortifiées, remontée en Toscane avec les villes célèbres de Sienne, San Geminiano, Florence et Lucques, enfin pause dans les Cinque Terre au bord de la Mer Méditerranée.
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RAVENNE

Ravenne est la ville des églises décorées par les artistes anonymes byzantins persécutés qui se sont réfugiés en Italie à partir du 4ème siècle. Ils ont apporté leur savoir-faire en remplissant les églises de mosaïques lumineuses. Les fonds d’or et les images représentant les scènes des Ecritures ont jailli et envahi les voûtes. C’est un émerveillement. Toutes les images, en deux dimensions, ont un sens profond et représentent le monde céleste. Le Christ Pantocrator (tout puissant), dans un geste arrêté, bénit avec les deux doigts levés représentant humanité et sainteté et les trois autres recourbés représentant la Sainte Trinité.

Cette ville a été capitale de l’Empire romain d’occident à partir du début du 5ème siècle. On retiendra le nom de Théodoric comme souverain sage et éclairé.

Eglises visitées : Mausolée Galla Placidia – Basilique San Vitale – Baptistère des Orthodoxes – Chapelle san Andrea – Basilique Basilique San Appolinare Nuovo – Baptistère des Ariens – San Appolinare in Classe

Ces mosaïques sont vraiment magiques bien qu’elles ne se laissent pas découvrir facilement. En effet, il faut s’imprégner du climat du lieu et adapter sa vue lorsqu’on vient de l’extérieur pour s’immerger progressivement dans la pénombre des églises. Alors, tout scintille, s’éclaire et c’est un enchantement. Quelles sont les plus belles ? C’est impossible à définir. En tout cas, elles emplissent l’espace, nous dominent de leur hauteur et nous illuminent de leur feux depuis quinze siècles !

* Pratique : camping Piombini, à 200 m de la mer, situé à Marina di Ravenna. 10 à 15 km de la ville mais accessibilité facile en bus.

Basilique San Vitale

Basilique S. Vitale


Basilique San Vitale, intérieur

Basilique S. Vitale, intérieur

Sant' Appolinare in Classe

St Appolinare in classe

Sant' Appolinare in Classe, intérieur

St Appolinare in classe, intérieur

Sant' Appolinare in Classe,détail

St Appolinare in classe, détail

ASSISE

La ville de Saint François et de Sainte Claire s’étale sur les pentes du mont Subasio. Saint François (1181-1226) mène la grande vie lorsqu’en songe, une voix lui demande de « réparer l’Eglise en ruine ». Il rend alors son argent à son père, fait vœu de pauvreté et apporte une conception renouvelée de la religion. Il se consacre à la prédication et gagne son pain par le travail manuel ou l’aumône. Après un séjour en egypte, il apporte l’idée de l’appel à la prière par les cloches et clochers et insiste sur l’émerveillement du monde visible (exemple le chant des oiseaux… très nombreux dans la campagne ombrienne). Il fonde l’ordre des Franciscains. Malade, il finit sa vie dans la communauté des sœurs des pauvres inaugurée par Claire d’Assise. Il est canonisé dès 1228.

La basilique Saint François, réalisée 60 ans après sa mort, est célèbre pour ses fresques où se sont exprimés les grands maîtres du 13ème siècle. Fresque vient de fresco. L’artiste peint pendant que l’enduit est encore frais, de telle sorte qu’il s’imprègne de la couleur. Ceci donne une vivacité dans le temps. Le travail se fait au pinceau ou à la brosse et doit être prévu à la journée.

La basilique inférieure est très attachante. D’abord très sombre, elle révèle progressivement ses trésors qui couvrent murs et voûtes. Elle constitue une collection immense de fresques des grands Maîtres aussi bien dans la nef que dans les transepts : Cimabue (fin 13ème siècle), Giotto, Lorenzetti et Simone Martini (début 14ème). Elle est un lieu de recueillement spécialement près du tombeau de Saint François.

La basilique supérieure légère et lumineuse est bâtie au-dessus la précédante. De style gothique, elle dégage une ambiance douce et sereine par sa décoration. Le chœur et l’abside possèdent des fresques de Cimabue et les deux côtés de la nef sont couverts en haut par 34 fresques de l’Ancien et du Nouveau testament et en bas des murs par les 28 fameuses et émouvantes fresques de Giotto représentant les épisodes de la vie de Saint François.

Autour d’Assise, de nombreuses villes féodales méritent la visite : San Sepolcroto, patrie de Piero Della Francesca, Spello avec ses rues pavées et ses maisons fleuries, bâtie au milieu des champs d’oliviers, Montefalcon, Trevi, Spoletto avec sa grande mozaïque en façade du duomo. La capitale Perugia possède une très belle Galerie Nationale dans le Palais des Prieurs qui donne un aperçu de la peinture du 13ème siècle. à la renaissance.

* Pratique : camping Fontemaggio situé au-dessus de la ville, dans la montagne. Accès en 15 mn à la partie haute de la ville en empruntant un sentier charmant. Enveloppé par les chants d’oiseaux.

Saint François

Saint François

Basilique Saint François

Basilique St François

Giotto : La nativité

Giotto : La Nativité

Spoletto : le Duomo

Spoletto : le Duomo

SIENNE

Sienne est connue pour sa célèbre Piazza del Campo, place en pente, desservie par onze rues et qui possède en son centre la fontaine Gaia (de la Joie). Les palais qui l’entourent rappellent la prospérité médiévale de la ville. Le Palais Public, construit au 14ème siècle, est surmonté d’une tour de 90 mètres de haut. Il abrite un des grands musées de peinture de la ville. La Pinacothèque (un des rares musées avec prise de photos autorisée), moins prise d’assaut, offre une belle rétrospective des œuvres des peintres siennois. Nombreux retables avec peinture tempera sur bois.

Nous découvrons la place du Duomo et sommes inondés de lumière à midi, face à la cathédrale gigantesque de marbre blanc, rose et vert foncé

C’est un plaisir de déambuler dans les rues au hasard. On atteint la basilique gothique St Dominico où se trouvent les reliques de sainte Catherine. De nombreux tableaux, statues et fresques sont à son effigie. Depuis cette colline, de belles vues sont offertes sur la ville de Sienne. Nous revenons par les petites rues et la maison natale de Sainte Catherine d’où se dégage toute la ferveur des croyants.

* Pratique : camping Colle Verde situé à 5 km de la ville. Très moderne. Accès au centre de Sienne en 20 mn par bus.

Sienne : Palais communal

Sienne : Palais communal


Lorenzetti : retable bois

Lorenzetti : retable bois


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Cathédrale Sainte Catherine

Cathédrale du Duomo

SAN GIMINIANO

Nous avions besoin de respirer en nous rapprochant d’une ville plus petite et en flânant par les petites routes et villages de Toscane : Poggibonsi, Colle val d’Elsa, castel san Giminiano, San Donato (un car de touristes venus goûter du vin nous a fait fuir).

San Giminiano est la ville des tours. Elle en possédait plus de 70 construites essentiellement au 13ème siècle. Elles appartenaient à des familles nobles qui manifestaient ainsi concrètement leur puissance. Il en reste aujourd’hui une dizaine. la ville est très touristique mais l’environnement est magnifique et propice aux balades et randonnées. La campagne toscane y est typique : vignobles, oliveraies, bois, genêts. Les cinq sens sont en éveil : caresse de l’air tiède, odeurs des jasmins, chants des rossignols, vues imprenables, gôut du Chianti et du saucisson de sanglier le soir (nous trouvons facilement des producteurs).

* Pratique : camping de Santa Lucia à 4 km de la ville. Cadre campagnard magnifique. Accès à la ville en minibus.

Tours médiévales

Tours médiévales


Vue du château

Vue du château


Paysage de Toscane

Paysage de Toscane

FLORENCE

C’est sans doute le but ultime de notre voyage! Florence est une des villes les plus riches du monde pour son patrimoine. C’est le symbole de la Renaissance. Ville des Médicis qui ont apporté la richesse et encouragé les arts du XIVème au XVIème siècle. Ville où ont séjourné les plus grands peintres, architectes et sculpteurs. Trois jours de déambulation et de visites nous ont permis de nous imprégner de cette époque.

L’arrivée au petit matin permet de voir les rives de l’Arno et le Ponte Vecchio éclairés d’une lumière douce.

A deux pas se trouve la cathédrale Santa Maria del Flore (Duomo) avec sa coupole construite par Brunelleschi (1418-1436), inventeur de la perspective. En face, le baptistère est célèbre par ses portes sculptées en bronze. La porte sud, gothique, est de Pisano. La porte nord et la célèbre « porte du Paradis », qui fait face à la cathédrale et représente des scènes de l’Ancien Testament, sont de Ghiberti. Il est cependant difficile d’approcher car les touristes sont nombreux !

Autour de l’église Orsanmichele, on peut admirer les niches sculptées par Ghiberti (saint Matthieu), Donatello (Saint Georges : allégorie de la force) et Nanni di Banco (quatre saints couronnés). L’église de Santa Croce est un bel exemple d’église gothique en Italie.

La Piazza et la Loggia della Signoria sont un véritable musée à ciel ouvert avec les statues géantes et célèbres telles que : David de Michel-Ange, Judith et Holopherne de Donatello, Persée de Cellini, l’enlèvement des Sabines, la statue équestre de Cosme 1er et la fontaine de Neptune de Giambologna. En arrière plan, le palazzo Vecchio, construit en 1300, offre sa masse imposante avec sa tour de 94 mètres.

L’église de Santa Maria Novella, dont la façade en marbre vert et blanc a été construite par Alberti, abrite de nombreuses fresques (la Trinité de Masaccio, la Visitation de Ghirlandaio). La place est belle et calme. C’est Alberti qui a formulé les principes de la persperctive. La basilique San Lorenzo a été dessinée par Brunelleschi et constitue un exemple typique de l’architecture Renaissance avec ses proportions rigoureuses et savantes et son dôme à 12 faces.

Le couvent San Marco nous a impressionnés par sa sérénité. Fra Angelico, moine franciscain, y a peint ses célèbres fresques entre 1439 et 1445, avec une idée didactique (prière). Au rez-de-chaussée, dans la salle capitulaire, la crucifixion est très imposante. A l’étage, une fresque très émouvante de l’annonciation nous accueille en face de l’escalier. Ensuite, chacune des 43 cellules contient une fresque différente. Au retour, dans le magasin, la fresque de Ghirlandaio, la Cène, est magnifique. Ces scènes sont toutes empruntes de foi et sont symboliques et non décoratives ou réalistes.

Il faut réserver une demi-journée pour la visite du plus beau musée de sculpture : le Musée Bargello. Nous sommes envoutés dès l’entrée dans la cour et surtout dans la salle à droite où se situent les merveilles de la sculpture.
Giambologna : savoir faire et maîtrise avec le Mercure volant et Bacchus, Michel-Ange : force et sobriété : « la statue est déjà dans la pierre » avec la Madone et l’enfant puis Bacchus au caractère bien trempé, Cellini : maniérisme avec le Buste de Côme 1er et les statues raffinées de Persée, Ammananti avec Moïse et Ganimède, etc. A l’étage, c’est au tour de Donatello avec ses David en marbre et en bronze, Brunellesci et Ghiberti avec le sacrifice d’Isaac, œuvres du concours pour les portes du Baptistère. Au second étage, on trouve des statues en terre cuite polychrome, par exemple la Résurrection de Verrocchio.

Le musée des Offices est le plus connu et le seul que nous ayons réservé. Il constitue un trésor fabuleux de peintures allant du XIIIème au XVIIème siècle. En visitant le matin (de 9 heures à 13 heures pour nous), nous avons eu le temps d’apprécier les oeuvres avec un audioguide en français.
- XIIIème avec la spiritualité et les attitudes figées : Buoninsegna, Giotto, Cimabue
- XIVème siècle avec le gothique international : Da Fabriano
- XVème siècle avec les œuvres de Filippo Lippi : couronnement de la Vierge, Ghirlandaio et Boticelli : Adoration des mages. Les œuvres non religieuses apparaissent au milieu de ce siècle. Botticelli, élève de Filippo Lippi, apporte une véritable révolution avec la représentation des nus : le printemps en 1477, sujet allégorique, la naissance de Vénus en 1484. Les portraits démarrent aussi à cette époque, par exemple Pollaiolo (Maria Sforza), Botticelli (jeune homme à la médaille). Les salles suivantes nous dévoilent Verrochio et son élève Vinci (baptême du Christ, annonciation), Le Perugin (Agonie, Crucifix), Mantegna (triptyque), Bellini (Allégorie sacrée). Cette époque très prolifique apporte aussi la peinture à l’huile (de Messine). Le rez-de-chaussée se termine avec Michael-Ange (Sacra Familia), Fra Bartholomeo (Portia), Albertini (Visitation)
- XVIème siècle au 2ème étage. Quelques œuvres majeures : Huile de Del Sarto : la Madone des harpies. Le Pontorno : Naissance de St Jean Baptiste . Bronzino : Retour d’Egypte et portraits. Raphael : Madone et l’enfant, Léon XIII. Corregio : la Vierge en adoration de l’enfant. Le Parmesan : la Madone au long cou. Le Titien : portraits d’Eleonora Gonzaga, Vénus d’Urbino, Flora (sensuel). Le Caravage : Sacrifice d’Isaac, Bacchus.

* Pratique : camping international à 5 km du centre historique. Cadre de verdure et de collines. Accès à la ville en bus après 10 mn de marche.

Vue sur l'Arno

Vue sur l’Arno


Place Della Signoria

Place Della Signoria


Place Della Signoria

Place Della Signoria


Eglise Santa Maria Novella

Eglise Santa Maria Novella


couvent San Marco

couvent San Marco


Fra Angelico : Annonciation

Fra Angelico : Annonciation


Lippi : Vierge et Enfant -  Boticelli : le printemps

Philippo Lippi : Vierge et Enfant – Botticelli : le printemps


Raphael : Vierge au chardonneret

Raphael : Vierge au chardonneret


Michel-Ange : Bacchus

Michel-Ange : Bacchus


Michel-Ange et Donatello : David

Michel-Ange et Donatello : David

CINQUE TERRE

Déplacement vers la mer Méditerranée en passant par Lucques, vieille ville fortifiée sur la route de Pise. Pour accéder à Levanto, il vaut mieux prendre l’autoroute à cause des montagnes. En arrivant, la mer est très belle, calme et lumineuse. Les montagnes se détachent de chaque côté. les façades bleues, ocres, roses et jaunes se détachent, éclairées par le soleil couchant.

1er jour : une des plus belles randonnées que nous ayons faites. Il s’agit de Corniglia-Manarola. Il faut d’abord prendre le petit train. N’espérez pas voir le beau paysage car il ne roule qu’en tunnel et n’apparaît qu’aux villages. Après la visite du village coloré de Corniglia, nous montons de 500 m environ. La première partie est en forêt. Puis on arrive aux terrasses célèbres construites de la main de l’homme. Que de déblaiements, transports de pierres et de savoir-faire des populations anciennes (Romains et réfugiés grecs) pour construire tous ces murs. Autour de Manarola, ces terrasses étroites, à cause de la pente, sont couvertes de vignobles. Les vignes sont conduites à 1,50 mètre du sol pour parer au vent venant de la mer. L’entretien est difficile car il faut se courber pour travailler la terre. De plus, l’accès aux terrasses demande des efforts dus au dénivelé. Un petit funiculaire à crémaillère descendant la pente nous a surpris. Il permet aux vignerons de gagner leur parcelle et de transporter matériel et récoltes. Les ceps sont plantés côté aval et un grillage horizontal les renvoie vers l’amont. A la vigne sont associés figuiers, cerisiers, abricotiers, oliviers et parfois poiriers, pruniers et citronniers. On y trouve aussi l’euphorbe, le genêt d’Espagne parfumé et la centaurée qui rehausse les couleurs de l’ensemble. Le paysage avec ses vues panoramiques sur la mer et les villages est inoubliable.
Ce qui nous marque, c’est ce que l’homme a fait de sa main et son intelligence. Il est dommage que les villages soient envahis de touristes et de boutiques en tout genre. Visiter en masse ces petites villes nous paraît dérisoire et déplacé. Aucune intelligence, aucun effort véritable ne sont mis en jeu. Nous passons vite notre chemin pour retourner à Levanto par le petit train.

2ème jour : randonnée Levanto- Monterosso. Nous partons à pied. Beaucoup de forêts. Dénivellé : 320 mètres. De beaux points de vue sur la mer si bleue de Levanto. En descendant sur Monterosso, par des marches trop hautes, nous apercevons les quatre villages suivants des Cinque Terre qui s’étalent entre mer et montagne. Pique-nique et bain très vivifiant (nous ne sommes qu’au début juin).

* Pratique : camping Albero di Oro en bordure de la ville. Accès à pied à la gare en 15 minutes pour aller dans les villages s’étalant de levanto à la Spézia (pass) et bon magasin de fruits légumes à proximité

Cinque Terre : Levanto

Cinque Terre : Levanto


Manarola vue des terrasses

Manarola vue des terrasses


Manarola vue de la mer

Manarola vue de la mer


Vignes et oliviers

Vignes et oliviers

20 ANS DE CAMBODGE !

Je me suis aperçu que j’ai découvert ce pays il y a 20 ans juste. Il a été une belle couleur dans ma vie.

palais-royal palais royal à Phnom Penh
musee_national musée national à Phnom Penh

La première fois, c’était en 1994. J’ai travaillé, avec un groupe de 35 collègues angevins, pendant 7 semaines de l’été sous l’égide de France Libertés. Il s’agissait d’apporter notre contribution pour relever le système éducatif de ses cendres par la formation de professeurs. Après avoir traversé la période khmère rouge et l’invasion vietnamienne, ils avaient surtout besoin d’un soutien psychologique. Phnom-Penh n’avait pas encore retrouvé ses habitants : immeubles en décrépitude totale, rues en terre, égoûts à l’air libre, hôtels sans réseau électrique. Le pays n’était pas encore pacifié : danger de voyager à la nuit tombée à cause des rapts, de s’écarter des chemins à cause des mines…
Cette fois-ci, j’ai participé à la mission de l’association Loire Cambodge que nous avons créée en 1998. J’ai travaillé avec 2 collègues angevins sur l’idée de partager des ressources pédagogiques en langue khmère : leçons, exercices, etc. Nous avons créé un site internet en 2013 (www.loirecambodge.com). On a mis en ligne tous les documents rédigés depuis une vingtaine d’années. Les professeurs cambodgiens peuvent les télécharger gratuitement. On souhaite qu’ils apportent aussi leur contribution : comme on dit un document fourni et mille récupérés. On a travaillé surtout avec les jeunes dans 4 établissements dont l’Institut National de l’Education qui forme les professeurs de lycée de demain. On a mis au point une méthodologie pour préparer des cours à partir d’internet de sorte à ce qu’ils alimentent ce site. La chaîne est lancée…
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Le Cambodge se développe suivant un capitalisme sauvage. Les tours fleurissent à Phnom Penh, les magasins de mode et les super-marchés s’implantent dans les centres des villes et les gros 4×4 ont remplacé les cyclo-pousse. Les bords du Mékong s’aménagent et recèlent des trésors architecturaux : palais royal et musée national. Le marché central, emblème de l’époque coloniale, a refait sa toilette. Par contre, la campagne a peu varié si ce n’est l’arrivée des réseaux électriques et téléphoniques. La majorité des habitants est encore rurale et la culture du riz dominante. Les femmes tissent sous leur maison de bois.
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A peine sorti de l’aéroport, on se retrouve comme hier : soleil et chaleur (supportable), familiarité, accueil et sourire des Cambodgiens, motos en masse à l’heure de pointe, taxis tuk-tuk , cuisine parfumée, étals sur les trottoirs, etc. On se sent un peu chez nous et on n’est jamais seul ici grâce à nos amis, collègues ou filleuls cambodgiens.
Quelques images immuables, prises au hasard des week-ends ou des déplacements : marchés colorés, pagodes aux couleurs vives avec leurs stupas qui s’élancent vers le ciel, temple de grès rose du Bantei Srey, pèlerinage à la montagne sacrée : le Phnom Kulen, délicates apsaras d’Angkor Vat, robes safran des bonzes, pêcheurs sur le Mékong à l’aube…

marché à Phnom Penh

marché à Phnom Penh


stupas

marché à Phnom Penh


temple de Bantei Srey

temple de Bantei Srey


apsaras du temple d'Angkor Vat

apsaras du temple d’Angkor Vat


bonzes sortant d'Angkor vat

bonzes sortant d’Angkor Vat


pêcheurs sur le Mékong à Kompong Cham

pêcheurs sur le Mékong à Kompong Cham

Se nourrir de ses produits : tout un programme

Dans notre choix d’habitat, il y a une dizaine d’années, figuraient les critères liés à la culture d’un jardin potager, d’un verger et de parterres de fleurs. Nous avons eu la chance de trouver une vieille ferme avec un terrain assez riche, de l’eau à profusion (lieu-dit la Noue…), un climat doux et de l’espace. Ayant maintenant du temps, notre activité de jardin est un choix volontaire qui nous permet d’exercer dignement un travail régulier, d’avoir une approche philosophique et humaniste de la vie, enfin de nous conduire vers le chemin de la simplicité et de l’autonomie. Elle s’inscrit également dans un souci esthétique général de notre cadre de vie.

Les lectures de nombreux livres sur l’agroécologie m’ont inspiré pour expérimenter chaque année sur mes parcelles de jardin potager et de verger. Voici quelques réalisations qui peuvent inspirer les passionnés de nature qui ont le projet de s’installer à la campagne ou de louer une parcelle de jardin collectif.
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situation_jardin

Enrichir d’abord notre terre nourricière sans intrants chimiques. Mon compost est formé de quatre composantes qui permettent un équilibre carbone/azote et une bonne aération : le crottin de notre poney (une brouette par semaine), un peu d’herbe de tonte, de la paille, copeaux ou sciure de bois et les déchets ménagers. Ce compost est répandu à l’automne sur la terre labourée, accompagné de feuilles mortes, et va la recouvrir tout l’hiver. Au printemps, il restera à le mélanger à la terre, les vers faisant le reste.
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terre_hiver

Partir des graines est un symbole et apporte un émerveillement lors de la levée des semis. Quelle plus grande concentration de vie qu’une graine ? J’utilise d’une année sur l’autre des graines simples à reproduire et je sème, début mars près d’une baie nord de la maison, tomates, potirons, potimarrons, courges. Les petits pots seront placés, dès que le gel est écarté, dans des chassis que j’ai construits à peu de frais en bois de coffrage recouvert de tôles translucides amovibles maintenues par des sandows. Ensuite, je sème en pleine terre choux, épinards, haricots. Les autres semis proviennent du commerce, en majorité de semences biologiques.
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Suivre le rythme des saisons et le cycle de la lune me fait revenir aux sources et à mes origines paysannes. J’utilise le calendrier biodynamique des semis distribué par MABD. Je privilégie la diversité des légumes à la quantité, de sorte à tester et goûter de nombreuses variétés : ail, oignon, carotte, radis, salade, pomme de terre, betterave, bette carde, potiron, potimarron, navet, rhubarbe, haricots vert et demi-sec, maïs, tomate, aubergine, poivron, courgette, concombre, melon, puis poireaux, choux, etc.
A cela se joignent les nombreux fruits issus de mes plantations : fraises, cerises, cassis, casseilles, groseilles, framboises, abricots, prunes, pêches, brugnons, poires, pommes, figues, raisins et coings. Notre verger a donné correctement au bout de 6 ans. C’est peut-être cette partie qui m’a le plus motivé car dans mon adolescence, j’ai vu les arbres fruitiers disparaître lors de la campagne d’arrachage liée au remembrement de mon bocage.
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Approvisionner la cuisine est un plaisir et une fierté sans cesse renouvelés. Entre juillet et octobre, nous sommes pratiquement autonomes. Le temps des récoltes nous apporte, outre légumes et fruits de qualité, des conclusions et des réflexions sur nos actions. Pour l’hiver, nous combinons les principes de conserves en bocaux (exemple de la ratatouille qui est une véritable concentration de soleil en bocaux et qui permet d’utiliser les légumes) et de congélation (exemples tomates farcies cuisinées, haricots demi-secs). Ghislaine confectionne à merveille les confitures, gelées et compotes qui sont précieuses pour le petit déjeuner et les desserts. Les oignons mis en tresses, les pommes de terre en bacs sans lumière, les carottes dans le sable, les pommes en clayettes à l’abri des souris, les potimarrons : tout se conserve dans l’étable qui est hors gel.
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Apprendre sans cesse est la condition pour se perfectionner. Notre expérience s’enrichit chaque année grâce à notre pratique et aux échanges avec les autres amis jardiniers. Je reste encore impuissant face à l’attaque de certains insectes et des champignons (oïdiums).
Il me reste encore beaucoup à apprendre dans la lutte par les plantes (purins et décoctions d’ortie, de prêle).
Ce blog se veut un outil d’échanges. N’hésitez pas à laisser des commentaires.

ENTRE LOT ET TRUYERE

Entraygues : Confluent du Lot et de la Truyère, dans l’Aveyron. C’est le lieu de notre rendez-vous annuel pour une randonnée d’une semaine avec nos amis. Les paysages somptueux et variés s’étalent entre 250 m et 800 m d’altitude. L’été est là, aucun frisson, pas même le soir au camping.

Pour compléter cette semaine, nous avons suivi deux fils conducteurs :
Croiser le chemin de Saint Jacques de Compostelle que nous avions découvert au Puy (voir article du printemps) à travers le plateau de l’Aubrac, dans la vallée du Lot et surtout à Conques, point d’orgue de notre voyage.
Remonter aux sources de ces deux belles rivières (massif du Lozère où habite un neveu et sa petite famille)

La Chaze de Peyre (Lozère)
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Ce petit village situé au coeur du plateau de l’Aubrac se trouve sur le GR 65, chemin du Puy à Saint Jacques.
Le clocher de son église, refait en 1728, présente une curiosité : il est carré au niveau du sol et devient octogonal au niveau de sa flèche (passage de la terre au ciel).

Au cours de nos randonnées, nous découvrons les richesses du patrimoine naturel et historique. Les maisons sont couvertes de lauzes. Les fameuses vaches Aubrac occupent les prairies clôturées par de longs pieux en granit. C’est la saison des foins et la nature sent bon.

Nous campons au Aumont-Aubrac au milieu des pins.
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Vitrail de l’église d’Aumont-Aubrac
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La Truyère en Lozère
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Au fil d’Olt (Lot en occitan) : Des villages magnifiques

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En Lozère, près de sa source

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St Côme d’Olt (Aveyron)

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Estaing (Aveyron)

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Entraygues (Aveyron)

Conques : Un joyau sur la route de Saint Jacques
Le monastère naquit au VIIIème siècle et abrita une petite communauté de Bénédictins. Deux moines réussirent à voler les reliques de Sainte Foy à Agen et à les transporter à Conques par une « translation furtive ». Ce n’était qu’un « pieux larcin » qui permit à cette petite ville d’attirer par ses miracles de nombreux pèlerins, rejoints au XIème siècle par ceux de Saint Jacques de Compostelle.
Il faut découvrir le village à pied par le GR 6, depuis le village de Montignac. L’ensemble architectural à couper le souffle apparaît alors depuis le belvédère du Bancarel. Devant l’abbatiale, nous sommes imprégnés par la magie et le souffle des lieux.
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Le site de Conques. Homogénéité de l’architecture et variété des matériaux
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Le tympan de l’abbatiale représente le jugement dernier
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L’abbatiale romane
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Les vitraux en verre translucide de Pierre Soulages (1994)

Le temps des cerises

Saison mythique que celle des cerises !
Un rêve d’enfant d’avoir des cerises dans son jardin, d’un cerisier que l’on a planté !
La floraison était pleine de promesses. Celles-ci ont été tenues.
Mais les grives draines qui ont élu domicile et élevé leur progéniture veillent…
Heureusement, les beaux fruits sont sous la bonne garde du filet et du hibou.
Mangez-les nature ou en clafoutis et faites des conserves pour l’hiver.. Miam ! Miam !





ACCUEIL AU PUY EN VELAY

Une belle chance d’être accueillis chez nos cousins habitant les environs du Puy en Velay, et au bord d’une petite rivière…, la Loire non loin de sa source.

La Cathédrale du Puy, départ vers Saint Jacques de Compostelle

De la rue des tables, la cathédrale évoque la mosquée de Cordoue avec ses arches bicolores. Notre fascination est amplifiée par une visite nocturne commentée. En entrant, la statue de Saint Jacques vous accueille et la Vierge Noire habillée, au centre de l’autel, entretient son mystère. Dans la Sacristie qui sert de librairie, les pèlerins font tamponner leur carnet et le lendemain, ils assisteront à la messe de 7 heures avant leur départ. En descendant, la rue Saint Jacques indique la direction mythique du chemin des merveilles et de la connaissance de soi. A cette saison, les randonneurs seront confrontés à la neige en traversant les plateaux d’altitude du GR 65…



Le Puy est aussi le berceau de la dentelle. Au Centre d’enseignement de la dentelle au fuseau, nous avons apprécié une démonstration. Quelle dextérité ! Les magasins sont nombreux et les carreaux variés.


Villages des sources de la Loire

Quelle émotion de loger en bordure d’un torrent impétueux que l’on entend de notre chambre ! La Loire, royale dans notre région angevine, est ici sauvage. De toutes parts, les ruisseaux l’alimentent. A Goudet, le château de Beaufort la contemple et de nombreux chemins s’offrent aux randonneurs.


A une trentaine de kilomètres plus à l’ouest, l’Allier coule aussi vers le nord en traversant des gorges profondes et belles. Il contribue à alimenter notre grand fleuve et traverse de superbes villages qui possèdent tous leurs trésors : Prades avec son église romane, ses orgues basaltiques, ses pêcheurs et kayakistes ; Saint Arcon d’Allier avec ses rues et son musée du fer-blanc ; Saint Julien des Chazes et sa chapelle perdue ; Chanteuges avec son abbaye aux beaux chapiteaux comme le porteur de moutons et son cloître.





Particularités des fermes : le grenier à foin était accessible aux charrettes par un plan incliné. Les animaux vivaient au rez-de-chaussée et étaient alimentés facilement. La maison juxtaposait l’étable. Ainsi, les habitants pouvaient surveiller leurs animaux et profiter de leur chaleur.

Richesses océanes

A moins de trois heures de chez nous, la Bretagne, ses paysages et ses gens nous accueillent. Dépaysement indispensable plusieurs fois par an pour faire le plein de vent et d’énergie…

Coquillages et paysages marins de Damgan (Morbihan)
« Miam Miam »
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Bretagne_04-2013_Peche
Bretagne_04-2013_Jardin

Balade autour de Lesconil (sud Finistère)
Merci à Nathalie
Bretagne_04-2013_Rochers_Oiseaux
Bretagne_04-2013_Paysage
Bretagne_04-2013_Chapelle
Bretagne_04-2013_Ganivelle_Oiseaux

De l’osier au panier !

Magie de la nature et de ma main.
Comment quelques brins d’osier et jeunes pousses de châtaignier deviennent un panier.
Un fendoir et un couteau sont les seuls outils nécessaires.
Un clin d’oeil et un grand merci à Yvan qui m’a initié.

ouf ! le printemps

Après de longs mois humides et froids, l’espoir renaît à la Noue.
Soleil plus haut, chants des mésanges et des pinsons, couleurs éclatantes des premières fleurs : primevères, jonquilles, crocus, pâquerettes et jacinthes se sont donné rendez-vous.
primeveres
jonquilles-crocus
paquerettes
jacinthes

Colombie – Musée de l’Or à Bogota

La Colombie est un pays en pleine expansion économique mais aussi qui met en valeur son patrimoine historique dans ses nombreux musées.
Si vous allez à Bogota, Ne ratez pas le « museo del oro« , qui explique le travail des métaux, montre les trésors découverts dans les tombes des habitants des différentes régions de Colombie vivant avant l’invasion espagnole.
Petit aperçu des trésors de l’art préhispanique colombien.
Musee_Or
Légende_Musee Or