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Se nourrir de ses produits : tout un programme

Dans notre choix d’habitat, il y a une dizaine d’années, figuraient les critères liés à la culture d’un jardin potager, d’un verger et de parterres de fleurs. Nous avons eu la chance de trouver une vieille ferme avec un terrain assez riche, de l’eau à profusion (lieu-dit la Noue…), un climat doux et de l’espace. Ayant maintenant du temps, notre activité de jardin est un choix volontaire qui nous permet d’exercer dignement un travail régulier, d’avoir une approche philosophique et humaniste de la vie, enfin de nous conduire vers le chemin de la simplicité et de l’autonomie. Elle s’inscrit également dans un souci esthétique général de notre cadre de vie.

Les lectures de nombreux livres sur l’agroécologie m’ont inspiré pour expérimenter chaque année sur mes parcelles de jardin potager et de verger. Voici quelques réalisations qui peuvent inspirer les passionnés de nature qui ont le projet de s’installer à la campagne ou de louer une parcelle de jardin collectif.
situation_maison
situation_jardin

Enrichir d’abord notre terre nourricière sans intrants chimiques. Mon compost est formé de quatre composantes qui permettent un équilibre carbone/azote et une bonne aération : le crottin de notre poney (une brouette par semaine), un peu d’herbe de tonte, de la paille, copeaux ou sciure de bois et les déchets ménagers. Ce compost est répandu à l’automne sur la terre labourée, accompagné de feuilles mortes, et va la recouvrir tout l’hiver. Au printemps, il restera à le mélanger à la terre, les vers faisant le reste.
terre_compost
terre_hiver

Partir des graines est un symbole et apporte un émerveillement lors de la levée des semis. Quelle plus grande concentration de vie qu’une graine ? J’utilise d’une année sur l’autre des graines simples à reproduire et je sème, début mars près d’une baie nord de la maison, tomates, potirons, potimarrons, courges. Les petits pots seront placés, dès que le gel est écarté, dans des chassis que j’ai construits à peu de frais en bois de coffrage recouvert de tôles translucides amovibles maintenues par des sandows. Ensuite, je sème en pleine terre choux, épinards, haricots. Les autres semis proviennent du commerce, en majorité de semences biologiques.
graines_semis
graines_serre

Suivre le rythme des saisons et le cycle de la lune me fait revenir aux sources et à mes origines paysannes. J’utilise le calendrier biodynamique des semis distribué par MABD. Je privilégie la diversité des légumes à la quantité, de sorte à tester et goûter de nombreuses variétés : ail, oignon, carotte, radis, salade, pomme de terre, betterave, bette carde, potiron, potimarron, navet, rhubarbe, haricots vert et demi-sec, maïs, tomate, aubergine, poivron, courgette, concombre, melon, puis poireaux, choux, etc.
A cela se joignent les nombreux fruits issus de mes plantations : fraises, cerises, cassis, casseilles, groseilles, framboises, abricots, prunes, pêches, brugnons, poires, pommes, figues, raisins et coings. Notre verger a donné correctement au bout de 6 ans. C’est peut-être cette partie qui m’a le plus motivé car dans mon adolescence, j’ai vu les arbres fruitiers disparaître lors de la campagne d’arrachage liée au remembrement de mon bocage.
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Approvisionner la cuisine est un plaisir et une fierté sans cesse renouvelés. Entre juillet et octobre, nous sommes pratiquement autonomes. Le temps des récoltes nous apporte, outre légumes et fruits de qualité, des conclusions et des réflexions sur nos actions. Pour l’hiver, nous combinons les principes de conserves en bocaux (exemple de la ratatouille qui est une véritable concentration de soleil en bocaux et qui permet d’utiliser les légumes) et de congélation (exemples tomates farcies cuisinées, haricots demi-secs). Ghislaine confectionne à merveille les confitures, gelées et compotes qui sont précieuses pour le petit déjeuner et les desserts. Les oignons mis en tresses, les pommes de terre en bacs sans lumière, les carottes dans le sable, les pommes en clayettes à l’abri des souris, les potimarrons : tout se conserve dans l’étable qui est hors gel.
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cuisine_carottes
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Apprendre sans cesse est la condition pour se perfectionner. Notre expérience s’enrichit chaque année grâce à notre pratique et aux échanges avec les autres amis jardiniers. Je reste encore impuissant face à l’attaque de certains insectes et des champignons (oïdiums).
Il me reste encore beaucoup à apprendre dans la lutte par les plantes (purins et décoctions d’ortie, de prêle).
Ce blog se veut un outil d’échanges. N’hésitez pas à laisser des commentaires.